Rencontre avec Alexandre Cady, domaine Cady (1/2)

Posté par Eva ROBINEAU, le 18 juin 2010

Nous allons aujourd’hui à Saint-Aubin-de-Luigné, dans la vallée du Layon, dans le Maine-et-Loire (49), pour rencontrer Alexandre Cady, viticulteur sur le domaine familial. C’est avec une grande gentillesse qu’il  accepté de se prêter au jeu de nos questions, dans ces superbes paysages de coteaux ornés de vignes.

Layon et agriculture raisonnée

Œnos : Pour commencer, pourriez-vous nous parler de votre domaine en quelques mots ?

Alexandre Cady : Le domaine a été créé en 1927 par mon arrière-grand père, donc je suis la 4ème génération de viticulteurs sur le domaine. Pour la petite histoire, en 1927, c’était de la polyculture et de l’élevage ici, on cultivait même du tabac sur le domaine. Il n’y avait que très peu de vignes, c’était presque uniquement de l’autoconsommation. C’est quand mon père s’est installé avec grand-père en GAEC en 1979 que là, ils ont décidé de tout consacrer à la partie viticole. Plus du tout d’élevage, de tabac.

Au niveau terroir, on est placé juste à coté du Layon, qui passe à 200 mètres juste derrière le domaine. Tous nos vignobles à 95 % sont sur la commune de Saint-Aubin-de-Luigné, nous avons quelques parcelles sur les villages d’à côté,  sur Chaudefonds-sur-Loire et sur Rochefort-sur-Loire pour le village de Chaume. Par rapport aux sols, on va avoir ici des sols essentiellement de schistes, sol qu’on retrouve beaucoup sur Saint-Aubin, et un petit peu d’argilo-calcaire qu’on va retrouver sur Chaume.

Ensuite, au niveau de l’entretien du vignoble, de la conduite du vignoble, on est agréé Terra vitis, c’est-à-dire qu’on est agréé agriculture raisonnée. La démarche bio, aujourd’hui, on y pense, mais on a pas encore fait le pas pour passer bio.

L’agriculture raisonnée, qu’est-ce que ça change par rapport au métier de vigneron « traditionnel »?

L’agriculture raisonnée, c’est surtout une prise en compte de l’environnement, du fait qu’il y a tout un écosystème autour du domaine viticole, et qu’on doit respecter les lois de l’environnement. On se soucie vraiment de l’environnement.

Et quels ont été les changements entre le métier de vigneron, tel qu’a pu l’exercer votre grand-père et votre père, et votre métier aujourd’hui?

Au niveau viticole, la partie agricole de la viticulture, à l’époque de mon grand-père, c’était le début des désherbants, des produits chimiques ou autres. A cette époque là, je ne dirais pas non plus qu’on l’a forcé à le mettre, mais c’était le nouveau produit, c’était super, et forcément, il y a cru comme tout le monde, et il l’a fait, comme tout le monde. Ça permettait d’entretenir plus facilement les sols, c’étaient des gains de temps, des gains de productivité, et puis tout le monde le défendait, aussi bien l’Etat que les vendeurs. Aujourd’hui, avec les polémique actuelles, depuis 4-5 ans, il y a un coté prise en compte de l’environnement qui se développe. Je ne vais pas dire qu’on crache sur certaines choses qu’on a déjà utilisées mais c’est un peu l’esprit. On revient en arrière sur beaucoup de choses. C’est vrai qu’on ne peut pas changer du tout au tout, de tout chimique à plus rien. Aujourd’hui, on utilise des produits chimiques, mais tout ce qu’on utilise est justifié, on a analysé son utilisation, on l’utilise mais pas parce qu’on nous a dit de le mettre, mais parce que nous avons pris la décision, parce que l’on estime que là, c’est justifié.

Votre démarche a aussi changé ?

Moi, je suis essentiellement producteur de Coteaux du Layon, qui sont des moelleux liquoreux, et les plus grandes évolutions ont été faites sur le liquoreux du vin, sur les tries. C’est-à-dire qu’on ramasse de la vendange botrytisée, de la pourriture noble. Cette vendange, il faut attendre longtemps pour qu’elle soit bien concentrée, et à l’époque de mon grand père, quand il voyait de la pourriture, il ne voulait pas la ramasser. Donc nous, on fait l’inverse,  on garde la pourriture pour essayer de la concentrer au maximum, et c’est essentiellement ça qui a changé.

Qu’est-ce que vous produisez comme vins?

On a ici une douzaine d’appellations différentes. Au niveau des cépages, sur nos 20 ha de vignes, 14 ha sont plantés en Chenin, qui est le cépage utilisé pour faire les Coteaux du Layon, mais aussi les blancs secs, les crémants. On a ensuite 6 ha en Cabernet Franc et Sauvignon, puis du Gamay, un peu de Grolleau, et du Chardonnay. Notre production est d’environ 600 et 700 hl/an.

On fait essentiellement du Coteaux du Layon, avec des appellations différentes : l’appellation Layon générique, l’appellation Coteau du Layon Saint-Aubin qui est une appellation village, la sélection Chaume et même l’appellation grains nobles. A côté de ça on produit deux Anjou blancs secs, de deux cuvées différentes, du crémant de Loire en blanc et en rosé, et des vins rouges à base de Gamay mais aussi à base de Cabernet, donc le Gamay pour l’Anjou Gamay, et le Cabernet pour les Anjou et Anjou villages. Il y a aussi les vins rosés, comme le Cabernet d’Anjou et le Rosé de Loire. Donc une douzaine d’appellations différentes au total… mais le Coteaux du Layon reste la plus grosse production.

Il me semble que vous avez eu quelques récompenses, notamment sur votre Cheninsolite ?

Voilà, le Cheninsolite est un Anjou blanc sec que l’on produit depuis 2004. C’était vraiment une production très confinée au début. A partir de 2006, j’ai commencé à en faire une plus grande production, et depuis 2006, chaque année, on a été récompensé, soit par un Coup de cœur Hachette, soit par une médaille d’or à Paris ou à d’autres endroits. On a eu beaucoup de récompenses aussi sur le Coteau du Layon, mon père en a eu beaucoup avant moi, et aujourd’hui on réussit encore à en avoir, comme aujourd’hui où l’on vient de recevoir une médaille d’or au concours Interloire, sur la Cuvée les Varennes 2009 (Coteaux du Layon Saint Aubin).

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