Découvrir les vins de Loire autrement...

bookmark bookmark
Posté par oenos, le 28 juillet 2010

Du bio, du Chenin, du minéral


Oenos : Vous êtes revenue en quelle année au Domaine aux Moines ?

Tessa Laroche : Je vinifie seule donc depuis 2001 ici au domaine, je me suis installée en tant que jeune agriculteur en 2003. Avant, nous étions en lutte raisonnée, j’ai commencé à faire des essais en bio en 2006, et j’ai signé les papiers en 2008 ou 2009. Donc 2009, c’est la première année de conversion, et 2010, deuxième année de conversion totale.

Donc vous aviez déjà avant une démarche pro-bio?

Avant oui, mais moi, je ne voulais pas signer le papier tout de suite, parce que le fait d’avoir le logo AB pour avoir le logo ne m’intéressait pas, il ne fallait pas que ce soit un atout commercial comme ça le devient maintenant. Mais j’ai signé, déjà parce qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et on a beaucoup de demandes à l’export, et ils voulaient le papier.

C’est ma mère qui a restructuré tout le domaine, qui a fait connaître un peu le Domaine aux Moines. Moi, je ne fais que continuer en y apportant ma touche, par la conversion en bio, par le projet de plantation de 3 ha, par le gîte…

Vous agrandissez le domaine ?

Non, on le restructure! (rires) Parce qu’il ne faut pas oublier qu’il faut le vendre! Non mais il faut rester à échelle humaine, parce qu’il faut que ce soit nous qui vinifions, il ne faut pas que ce soit quelqu’un d’autre. Il ne faut pas dépasser les 12 ha.

Vous avez combien d’hectares actuellement ?

Nous avons essentiellement du Chenin : 8 hectares en Chenin, 1 hectare en Cabernet, dont un tiers en Cabernet Sauvignon et deux tiers en Cabernet Franc. Ensuite, en avril 2010, nous avons planté un hectare et nous avons un autre projet à venir de 2 hectares. Mais je précise restructuration parce qu’il y a des vieilles vignes (80 ans pour les plus vieilles) et tant qu’elles donnent, elles restent. Je n’arrache pas.

Nous sommes sur quel type de sol ici ?

Ici nous sommes sur des schistes gréseux, spilite et aérolite. Ça dépend des parcelles parce que nous, nous n’avons que de la Roche-aux-Moines, mais la Roche-aux-Moines n’est pas identique partout, ce qui est normal. Sur la plantation, ce qui est plus vers la Coulée-de-Serrant, c’est de l’aérolite, les trois autres hectares, c’est plus de la spilite. Ça apporte ce côté minéral, pierre à fusil que l’on a en fin de bouche, on l’avait sur 2004, comme sur 1994, où c’était vraiment très marqué. Ça donne un côté fumé aussi, mais pas comme le tuffe de Saumur, qui donne un côté fumé aussi, ce n’est pas du tout le même. Vous voyez le goût que ça a à Saumur? Eh bien, c’est pas ça! (rires)

2009 est une bonne année pour vous?

… 2008 est très bien. (rires) Les journalistes se sont enflammés sur 2009, parce qu’il y a des régions de France où 2009 est absolument fabuleux, fantastique. Alors que là 2009, pour les blancs secs…  Soit ça a été ramassé trop tôt, et on a un blanc fluide, soit ça a été ramassé en temps et en heure, comme pour nous, j’estime que l’on a ramassé à temps, mais ça fait un vin trop riche.

Vous avez obtenus quelques récompenses récemment?

Oui, Liger d’or pour le 2008, et 2009 a été sélectionné « grande réussite » dans la RVF. On a toujours quelque chose.

Etre vigneron en 2010, qu’est-ce c’est?

Il faut savoir tout faire! Il faut savoir faire du bon raisin, donc avoir du raisin sain, beau, savoir le vinifier, savoir le commercialiser, et savoir compter ses sous, gérer une exploitation. Il faut savoir gérer ces quatre choses. Un vigneron doit savoir tout faire. Je fais les petits salons toute seule, mais ma mère est encore avec moi pour faire les gros salons, car toute seule c’est difficilement gérable.

Lire suivant

Leave a Reply