Rencontre avec Wendy Paillé et Jo Pithon, Domaine Pithon-Paillé (1/2)

Posté par Eva ROBINEAU, le 22 novembre 2010

Aujourd’hui, direction Saint-Lambert-du-Lattay et le domaine Pithon-Paillé. Leur cave est située en plein cœur du village (si tu sais, la première rue à droite quand tu arrives d’Angers) et nous y retrouvons Jo Pithon et Wendy Paillé, qui ont accepté de prendre le temps de répondre à nos questions, en plein décuvage (nous étions le 23 octobre).

Oenos : Pouvez-vous nous décrire en quelques mots votre domaine ?

Wendy Paillé : Nous sommes négociants, nous avons aussi 7 hectares à nous. Le négoce représente à peu près deux tiers de notre production. Ce n’est pas du raisin que l’on achète en vrac, ce sont les vignerons que nous connaissons bien, avec qui nous travaillons, c’est nous qui choisissons la date des vendanges, et à Bourgueil, c’est nous qui vendangeons.

Jo Pithon : Je suis vigneron depuis 1978, donc ça fait quelques années ! J’ai commencé à 22 ans. Je ne suis pas fils de vigneron, mon père était instit, mais mon grand-père maternel était vigneron à Saint Lambert, donc j’ai fait les vendanges deux-trois fois, j’ai fait de vagues études agricoles, et je cherchais à m’installer, pas forcément dans la vigne, plutôt dans l’élevage. Et puis un jour mon grand-mère m’a dit « Tiens, il y a un voisin qui loue trois hectares et demi de vignes. » Et voilà ! Mon grand-père faisait les vins de l’époque, imbuvables, mais comme tout le monde, il fallait produire beaucoup, ça a beaucoup changé.

Vous avez tout appris sur le tas, au fur et à mesure ?

Jo Pithon : Je dis toujours : « J’ai appris le verre à la main ! ». J’ai été voir dans beaucoup d’autres régions, à l’étranger un peu aussi, pour comprendre. Les Treilles par exemple, c’est parce que j’ai été en Suisse, en Côte Rôtie, que j’ai vu des vignobles pentus, et que ça m’a donné envie. Moi j’étais en train de tailler en face, et je voyais le coteau et je me suis dit que ça serait bien d’en avoir un bout de vignes ici. D’un petit bout, on est passé à trois hectares ! Et puis, il faut sans cesse se remettre en question. Moi j’ai beaucoup appris en Bourgogne, c’est les barriques, le parcellaire, ce sont les champions pour ça. J’ai visité une cinquantaine de caves en Bourgogne, j’y vais assez régulièrement.

Votre démarche bio vient de là ?

Jo Pithon : Quand on commence à vouloir changer les choses, si on veut être logique, on change tout. Nous on a changé tout très rapidement, on a commencé en 1990 à faire vraiment des choses intéressantes, et en fait on s’est aperçu qu’on avait un peu loupé les vins. Je pense qu’on a loupé les vins, car à cette époque on levurait, on était dans une autre démarche, on ne réfléchissait pas sur le sol, et puis en 1991, on a gelé, et en 1992, on a fait des choses très intéressantes, c’était un millésime très moyen, mais on a quand même fait des choses très intéressantes, surtout sur les moelleux, par des tries. Les tries commençaient tout juste. En 1990, j’ai acheté mes premières barriques, 1991 on a gelé donc c’était une année un peu entre parenthèses, 1992, on a fait des choses bien, 1993, on a commencé à travailler en bio. On n’était pas agréé à ce moment-là, mais on a commencé à travailler les sols.

Nous, on est en bio, parce que si on veut parler de terroir, il faut avoir des sols vivants, mais on boit des vins de partout, des bios, des pas bios, on goûte le vin, il nous plaît ou pas, et après on cherche à savoir pourquoi il plaît ou il ne nous plaît pas.

Vous êtes agréés depuis quand ?

Jo Pithon : 1997 je crois.

Et vous Wendy, depuis combien de temps êtes-vous dans ce domaine ?

Wendy Paillé : Deux ans. Le nom Pithon-Paillé, vient de Jo Pithon, qui s’est marié avec Isabelle Pithon, qui avait un fils, Joseph Paillé. Et moi je suis sa femme ! Donc nous sommes quatre dans la société. http://www.pithon-paille.com/L-equipe.html

Et plus largement, depuis combien de temps êtes-vous dans le monde du vin ?

Wendy Paillé : Je viens d’Afrique du Sud où j’étais sommelière dans des restaurants, mais uniquement avec des vins d’Afrique du Sud. Le Cap, c’est magnifique, en vacances toute l’année, je partais faire de dégustations dans les vignes, dans les domaines. Et puis quand j’ai eu 27 ans, j’ai déménagé aux États-Unis, et je suis arrivé dans un domaine, et là-bas, il y avait Joseph comme stagiaire, et nous sommes tombés amoureux… Mais je crois que j’ai le vin dans mon sang, j’aime ça depuis toujours.

Comment se sont passées les vendanges en 2010 ?

Wendy Paillé : C’est bien passé. 2010 était une année très sèche, donc nous avons eu moins de volume. Je crois que la qualité sera à peu près la même. Dans le Coteau des Treilles, les vignes étaient stressées, ça a été très sec, parce qu’exposé plein sud, donc soleil matin, midi, après-midi, et c’est un terroir volcanique, donc ce sont des pierres très chaudes qui gardent la chaleur. Donc dans la journée c’est chaud, dans la nuit c’est chaud, et après c’est sec, la vigne est stressée. Il a manqué beaucoup d’eau, mais on a trié trois-quatre fois dans les Treilles, deux fois pour le sec, deux fois pour le coteau du Layon. Donc c’est plus de travail mais c’est essentiel pour garder la qualité. Tout est en bio, tout est fait à la main.

Vous êtes en bio et vous travaillez à la main, est-ce le cas aussi des vignerons avec qui vous travaillez?

Wendy Paillé : Oui, et par exemple à Bourgueil, on achète le raisin à quelqu’un qui vendange avec la machine pour ses propres vins, et nous, nous arrivons avec notre propre équipe pour faire les vendanges à la main.

Vous organisez des évènements à votre domaine ?

Wendy Paillé : Pas pour le moment, c’est notre première véritable année, et avec les vendanges, nous n’avons pas eu le temps, quand on sera plus stable, c’est quelque chose qu’on veut faire. Là, si les gens prennent rendez-vous, nous les accueillons, mais plus tard, on voudrait ouvrir une salle de dégustation, ouverte du lundi au vendredi ou quelque chose comme ça.

Les portes-ouvertes du domaine auront d’ailleurs lieu le week-end du 27-28 novembre : http://www.pithon-paille.com/

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