Calendrier de l’Avin

Posté par Eva ROBINEAU, le 16 décembre 2010

Ah, ça y est,des flocons de neige tapissent nos routes, des guirlandes illuminent nos villes, des sapins poussent sur nos trottoirs, des chalets envahissent nos rues, des odeurs de vins chauds nous guident à travers la neige … C’est sûr, c’est bientôt Noël !


Et parmi les inévitables traditions de Noël (hormis les marrons chauds, les montagnes de cadeaux, les vitrines du Printemps, et les tonnes de papier gaspillés dans les catalogues de jouet), il y a le calendrier de l’avent. Ouais, mais bon, avec du chocolat, ça fait un peu trop traditionnel? Et si on remplaçait les chocolats par des bouteilles de vin? Et que cela devenait le calendrier de l’Avin?

Allez, lançons le 1er Calendrier de l’Avin !

Bon bien sûr, cela reste un calendrier fictif (à voir pour l’année prochaine et en faire un vrai de vrai!), mais chacun peut y apporter sa contribution.

Hier, c’était Antonin, du Guide Vindicateur, qui a inauguré ce calendrier, aujourd’hui, Antoine Gruner, et demain, notre cher Olif. Donc réservez votre jour en laissant un commentaire ici ou sur le mur Facebook de l’évènement ! Alors prenez votre chaussette, parlez-nous d’un vin que vous aimez en quelques lignes, illustrez votre propos avec une photo de ce vin et envoyez-moi tout à l’adresse suivante : eva @ oenos . net (enlever les espaces ) Tous à vos chaussettes!

1er décembre

Antonin, du Guide Vindicateur, nous fait découvrir le « Sans Soufre Ajouté » 2010, du domaine Henri Milan : SSA 2010 – c’est pas le nom d’un porte-avion ni le vaisseau du capitaine Kirk, c’est la cuvée « sans soufre ajouté » de Henri Milan. Goûté en « primeur », le 2010 est déjà remarquable, glouglou et complexe à la fois, bluffant d’arômes : nez zan et ganache, bouche mûre et myrtille, la grande classe sans esbrouffe ! Il me semble encore meilleur que le 2009 qui était déjà une petite bombe… Milan, grand bonhomme, fait des grands vins. Si le Père Noël en a dans sa hotte, il a dû tout boire… » Vous pouvez aussi retrouver l’entretien avec Henri Milan réalisé par Antonin : http://www.vindicateur.fr/article.php?id=1423

2 décembre

Il neige et le froid commence à nous piquer le nez. Besoin de se réchauffer, de retrouver un peu de soleil et de chaleur. Tiens, il me semble avoir une bouteille on ne peut mieux appropriée, à savoir le « Rosé d’un jour » 2009, de Mark Angelli, vigneron à la Ferme de la Sansonnière, à Thouarcé (49). Ramenée tout droit du salon des Anges Vins samedi dernier, on se régale de ce Rosé d’un jour. Je ne suis vraiment pas fan de rosé pourtant. Mais c’est une telle gourmandise, un tel plaisir de fruits qui tapisse le palais, une telle explosion d’arômes dans la bouche, et en même temps très équilibré et très fin, qu’il est idéal pour une belle soirée d’hiver. De la pure gourmandise…


3 décembre

Aujourd’hui, c’est Olif qui nous réchauffe le cœur : « Pour se mettre du baume au cœur, en cet hiver précoce, rien ne vaut un petit voyage à Venise. À défaut,  un Beaumes-de-Venise suffira à faire se gondoler le palais. La cuvée « Les Terres jaunes » 2009 du domaine de la Ferme Saint-Martin nous vient tout droit du Trias. Composée au 3/4 de grenache, complété par de la syrah, elle n’a rien de préhistorique. Au contraire, un fruité juvénile s’écoule du verre, comme par gourmandise. Ça croque et ça craque, comme  les piliers de bois de certains batiments construits sur la lagune. On en boirait jusqu’à Noël et peut-être même avant. » La suite sur le blog d’Olif.

4 décembre

Aujourd’hui, Jacques Berthomeau nous a glissé dans sa case du Calendrier de l’Avin une bouteille qui devrait ravir certains blogueurs : « Les Rachais est un Brut nature (dosage 0 g/l), un Chardonnay sur des sols siliceux–calcaires du Massif de St Thierry des vendanges 2005 issu des raisins de la partie du vignoble cultivé en biodynamie.
Pour moi ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d’une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l’allure de ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Je sais que certains vont me reprocher cette métaphore mais qui puis-je, bien plus que le vocabulaire coutumier de la dégustation, elle traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel.

Dans son flacon de belle facture, cette superbe cuvée est de celle que l’on réserve à des moments dont on veut souligner l’intensité et la rareté. Pour moi, les Rachais sont la touche invisible, le raffinement extrême, la note des hommes élégants qui plaisent aux femmes éternelles : l’Ingrid Bergman de Casablanca, l’Audrey Hepburn de Vacances Romaines, la Catherine Deneuve de Belle de Jour, la Eva Marie-Saint de Mort aux trousses, l’Alida Valli de Senso, la Carole Bouquet de Trop belle pour moi…

Pour plus de précisions allez sur www.francis.boulard.com« 

5 décembre

Chaussette n°5, Antoine Gruner nous emmène de nouveau dans la Loire : « Un chalet de montagne, des sommets enneigés, un feu de cheminé, une lune (la vraie ), pleine qui fait briller le manteau de neige recouvrant la vallée, et Irina, à mes coté, rencontrée sur une piste verte de Megeve… J aurais pu dégoupiller la quille dans ces conditions. Et bien non !!
C est dans la cave de Phillou, ardent genocideur de glou glou de hauts vols que le crime fut commi ! Je pourrais vous décrire la robe jaune pale avec émotion, le nez légèrement miel et profond, la bouche délicate et complexe de ce nectar, mais je laisse à d autres, décortiqueurs de sensations, le soin de vous faire 100 lignes d’ analyses sensoriels sur les forums dédiés à ce type de perversité.
Non, moi c est quelques mots sur les sensations formidables que m a transmi cette bouteille qu il m intéresse de vous faire partager. Un échange, c est ce que j ai ressenti dès les premières gorgées. Un vin qui respire l équilibre, la force tranquille, apaisant et ouvert, et qui te transmet tout son bonheur. T as envie de le remercier, alors du coup, t y retourne, avec délectation. Tu sais,que tu sortira de là moins bête, et plus heureux, c est simple et grandiose à la fois.
Rien de mieux en cette période de Noël que de se dire qu un gars est capable de faire un vin hautement Humain !

En fait, j ai bien fait de ne pas allez à Megeve, Irina aurait sûrement pas compris…

Un régal du cœur et de l âme. »

6 décembre

Aujourd’hui, en cette Saint-Nicolas, Félicien d’Ethiquettes a trouvé de quoi remplir sa chaussette : « Cette année, je me suis levé dimanche avec l’impatience d’un gosse de 5 ans, prêt à engloutir un bon tiers du stock, avec une détermination à faire s’évanouir une diététicienne. Mais cette année, Saint-Nicolas a estimé que j’étais trop vieux pour les sucreries. Bon et indulgent, il n’a pas brutalement cessé toute manifestation de sa générosité et a assuré la transition avec délicatesse, en laissant dans mes chaussons une bouteille contenant tous mes souvenirs passés de gourmandise sucrée. Une dédicace de son Patron : une bouteille de Santo, du domaine Turner-Pageot.

Mettant en sourdine ma hâte à m’empiffrer, je plaçais le divin flacon au frais jusqu’au soir. La nuit tombée, le verre servi et porté à mon nez, je compris le clin d’œil de Saint-Nicolas. Réjouissances ! Du jus de calissons ! Ces parfums d’amande et de melon confit, la douceur si addictive qui s’allonge sur la langue, le raffinement de cette friandise qui porte en elle tout le velours d’un soleil du midi qui étire ses derniers rayons un soir d’automne dans les vignes, quand le temps des vendanges est depuis longtemps dépassé, réchauffant les derniers grains oubliés, confits, concentrés de l’été passé… Un petit Jésus en culotte de velours. » L’article en entier sur la page Facebook de Félicien d’Ethiquettes.

7 décembre

Aujourd’hui, Véronique, du Mas Coris, a mis dans sa chaussette psychédélique un bouteille de l’amitié : « Les galets roulés de son sol forment un poudingue.. Les cinq cépages qui le composent lui donnent sa complexité : roussane, grenache blanc, viognier, vermentino et muscat petits grains se répondent et se completent.. Un tres léger boisé subtil flotte autour de lui.
Une merveille de blanc a la robe d’un beau jaune.Un chouïa d’acidité, quelques notes florales et minéral tout a la fois, remplissant en douceur la bouche et lui laissant un long souvenir, il est le parfait allié d’un foie gras.. Enfin, je l’adore avec !!
Il pourrait-être un Aoc Côtes du Ventoux, si le nombre de ses cépages ne s’y opposait.. Il est donc modestement un Vin de Pays de Vaucluse, né en Comtat Venaissin, grandit en bio, soigné avec une tendresse toute particuliere, et ça aussi, il nous le rend bien..

C’est le vin d’un ami, c’est aussi pourquoi je l’affectionne, sincere, discret, distingué, franc, gentil et généreux et son vin lui ressemble..
Donc ce vin du 7eme jour de l’avin c’est le Mas Cascal, cuvée Fidélio 2007 (mais je les aime toutes..) de Jean Natoli. » Le billet en entier ici.

8 décembre

En ce huitième jour de décembre, Daniel Sériot nous fait saliver avec un Léoville Barton 1990 et un menu adapté : « En dépit de ce que je savais que le vin serait de haute facture, j’ai souhaité un menu d’une simple composition. J’ai puisé dans le classique des alliances aromatiques mon inspiration pour une entrée aux saveurs terre/mer tandis que je me suis conformée à la recette des plus éprouvées de l’épaule d’agneau rôties. (…)
Léoville Barton 1990 est un vrai régal. Des odeurs de Clan, de poivre, d’épices douces dans la ronde des odeurs de cassis et de mûres. Un joli cuir, du graphite ou de la mine de crayon complètent une palette complexe, pour ne pas dire presque insaisissable.

En bouche, c’est une succulente et moelleuse crème de cassis qui se dévoile en force dès le maintien. Les persistances de ce vin dans la finale en disent long sur la beauté du vin. Elles se closent sur des goûts de réglisse, de zan mais surtout de thé noir. » La suite, et une vidéo qui nous donne vraiment envie, sur le journal d’un passionné de la rive droite.

9 décembre

Aujourd’hui, ce sont nos deux amis du Bicéphale buveur qui trouvent que ça sent : « Les fêtes de fin d’année…
Ca va dégoupiller sec du bon Champagne.
Les tables vont fleurir de seaux à Champagne et de doux « pops » du bouchon qui daigne libérer le liquide.
Nous, au bicéphale, on pense à vos bourses!
Nous sommes à 15 jours de la fête, et, vous avez déjà envie de titiller la bulle avec du bon vin.
Mais vous vous dites « Diantre, ma mie, c’est la crise, nous ne pouvons point aligner les bouteilles de la Champagne comme lorsque le CAC 40 explosait les derches ».
Le bicéphale a aussi une bourse trouée (surtout Stéphane) et partage la même envie de bonne bulle dans du bon vin.
La solution existe, et l’autre dans sa crèche peut se rhabiller avec sa transformation de l’eau en mauvaise picrate de « carré des vignes ».
Le crémant du Jura du domaine Labet est ce qu’il te faut, lecteur du calendrier de l’avin!!!
100% pinot noir avec une bulle de taille moyenne, une belle fraîcheur et une structure vineuse intéressante…
Pas d’acidité mordante, plutôt une trame tendue et nette avec une mâche gourmande.
Avec un rapport qualité-prix qui donne envie de fêter l’avin plus souvent -roulements de tambour- 6 euros chez le vigneron…
On devrait fêter l’avin plus souvent! » Oui, surtout avec vous les bicéphales !

10 décembre

Bourgogne Live nous dévoile contenu de sa chaussette en ce jour du 10 décembre : « dix comme la fameuse cuvée 910 de Julien Guillot !
L’amour du vin donne le vin de l’amour
Le vin de l’année qui me vient tout de suite à l’esprit est un vin très particulier récolté et vinifié comme en l’an 910 ! Il a réuni autour de lui toute une communauté de vrais amoureux du vin naturel. Un vin vendangé avec amour en 2009, vinifié avec tendresse et partagé avec bonheur le 13 juin dernier à Cluny. C’est un amoureux de la Terre et des Hommes qui en est l’auteur et le poète, Julien Guillot du Domaine du Maynes à Cruzille près de Tournus.
Parlons un peu de ce vin « extraordinaire » !
« On est sur un super nez cassis, framboise, myrtille et mûres avec un petit bouquet en arrière fond un peu fougère, un petit côté végétal et poivre épice, plutot poivre blanc. La première bouche est très ample, ça tapisse bien… Il y a le petit côté perlant, la petite acidité qui fait que c’est un vin qui tient un petit peu en bouche avec une petite longueur… et on finit par un gentil petit tannin, un petit peu croquant qui donne juste un petit coup de « reviens-y »… Julien Guillot
La suite, en vidéo, c’est forcément sur Bourgogne Live.

11 décembre

En cette saint Daniel, c’est tout naturellement Daniel Folz, du Croque Chou, qui nous sort une belle bouteille de sa chaussette : « Sorti du doux Papa Noël- chaussette (j’ai offert l’autre hier à notre douce Eva pour se réchauffer) voilà un blanc doux… d’où ? Du Gaillacois, à Castelnau de Montmiral, au nord-ouest de Gaillac, sur la rive droite du Tarn, au Château de Mayragues chez Alan et Laurence Geddes. Je les ai découverts il y a peu de temps lors de mes escapades dans cette région si accueillante ! (…)

Mais le cépage qui constitue ce Doux de Mayragues 2005 est le len de l’el en patois toulousain c’est à dire le Loin de l’Oeil ! Il est appelé ainsi parce que le raisin, muni d’un long pédoncule, est éloigné du bourgeon ou oeil qui lui a donné naissance !

La magie de Noël est installée, les langues se délient, les corps se réchauffent..la fête peut commencer !!! On n’hésitera pas à se reservir puisque ce Doux de Mayragues ne titre que 12°5…et s’il en reste un petit peu il s’unira à merveille aux fruits confits, abricots secs des desserts provençaux…!!!!

Plaisir simple et vrai… comme on les aime au Croque-Chou !!!

Et en ce 11 décembre…bonne fête à tous les Daniel !!!! » La suite sur la page Facebook de Daniel.

12 décembre

Nathalie et Jean-Hugues, de « On Boit Quoi Ce Soir ? », nous ont déniché un Anglore pour ce douzième jour du Calendrier de l’Avin : L’Anglore 2010 – Terre d’ombre.

Si vous vous êtes déjà demandé à quoi pourrait ressembler le vin que ferait un apiculteur, n’allez pas plus loin. Eric Pfifferling était apiculteur et c’est avec la même passion, le même respect de la nature et la même minutie qu’il réalise aujourd’hui ses vins.
C’est la Terre d’Ombre du Domaine L’Anglore 2010 que nous buvons. Et c’est, encore une fois, une surprise.
D’abord la robe : légèrement trouble, son fuchsia translucide et pas très soutenu tire sur le violet ; un vin non filtré c’est certain.
Puis vient le nez, frais, vivant, avec une pointe de fleur d’oranger qui sent délicieusement la gourmandise.
En bouche, c’est une vraie surprise ! D’abord c’est le gaz et le côté pétillant qui attaquent. On aurait dû le carafer ! On attend donc un peu, que les arômes se libèrent et que le gaz se dissipe.
Ce pur Grenache, issu de la vinification par macération carbonique, montre un bel équilibre entre saveur et alcool, avec une belle présence fruitée, sans tanins. La gourmandise se confirme une fois en bouche pour ce primeur décidément pas comme les autres aux délicieuses et subtiles notes florales.
Eric Pfifferling, un des plus grands vignerons actuels de la Vallée du Rhône, maîtrise manifestement sa vigne et sa technique de vinification et nous donne envie de vite gouter ses autres vins. »

Pour en savoir un peu plus sur l’équipe d’On boit quoi ce soir?, rendez-vous sur leur blog.

13 décembre

En ce treizième jour de l’Avin, Christian, du blog Littinéraires Viniques, nous gratifie d’une description du Calendrier de l’Avin (mère Noël et contributeurs de l’Avin) dont lui seul à le secret, et que je vous invite à découvrir dans son billet, à lire en intégralité sur son blog : « Cornaqués par La Mère Noël en bas résilles, les Chevaliers de l’AVIN célèbrent l’Avent, à leur façon délibérement avinée, le jour Saint, qui vit le Sauveur s’égarer, chez les broutarts hystériques qui se prenaient pour les Rois Mages de la création. Ils te l’ont cloué sur la Croix, vite fait, le pauvre Charpentier illuminé! (…)

Mon éléphant nain, égaré par les brouillards, peine à gravir les côteaux de Cornas. Sous ses papattes bottées de rouge, le rhône étale ses eaux bises, dans le creux de la cicatrice sysmique, qui a fendu les sols, bien avant qu’imprudemment, ne descende le Cruxifié. Là, sur l’escarpé côtal d’en face, Robert Michel chouchoute ses lambrusques de syrah, depuis quelques lustres déjà. Un discret, pourtant encensé, abordable, qui fait bon, sans prendre ses clients pour des Quatari.

Sa «Cuvée des Côteaux» 2004 a longuement respiré en carafe fraîche. Dans le large cul bombé du culbuto de cristal, l’Esprit revient au vin. Il se déplie, s’étale, enfle, et monte au nez, avent même que l’on s’y penche. Un nez Toulousain (on sent que ça va castagner!), que domine la violette. Matière en boule fraîche en bouche, qui attaque à coups de cerise mûre, de toast noble, d’épices douces. Une syrah, qui tapisse élégamment l’avaloir de tannins encore crayeux, mais polis. A l’avalée, apparaissent fruits noirs et myrtilles. La finale s’installe un long temps, avent que la réglisse, finement épicée à la fraise, ne subsiste. » Merci à Christian pour ce beau portrait avinique, et belle journée du 13 décembre!

14 décembre

Et ce quatorzième jour du calendrier de l’avin, Iris, du domaine Lisson, nous fait partager, depuis l’Allemagne, sa belle collection de chaussettes, avant de nous faire partager le contenu de sa quatorzième chaussette : « Mais maintenant trêve de vous faire patienter, passons au contenu: je vous offre un vin Italien, trouvé à tables chez des copains l’autre soir – un Primitivo au nom de la Selezione del Re millésime 2007 de Hazienda Agricole Torrevento (un gros machin de 100ha, si j’ai bien compris) du temps en temps en vente sur Internet avec l’offre alléchante de 12 pour le prix de 6 (dans les 68 €).

J’ai d’abord aimé l’étiquette, bien adapté à un calendrier de Avent avec ces dorures et étoiles sur fond bleu profond, lui préfèrent un Brunello de Montepulcino 2001 pour accompagner le canard, mais avec le fromage bien fait, ce Primitivo, plus connu dans le monde sous son nom de Zinfandel, bien implanté en Californie, plein de sève, d’épices et plus fort en alcool en bouche, que son compatriote, assagi , est un vin très Sudiste, qui aurait aussi pu venir du Roussillon et ne pas des Pouilles,dans le Sud de l’Italie,  il m’a finalement plu, même si j’aurais aimé savoir plus de détails sur son origine, les vignes, les rendements, la vinification… toutes les informations, qui m’aident  d’habitude à mieux comprendre un vin et qui peuvent m’inciter, d’y revenir, malgré certains défauts, ressentis lors d’une première rencontre… » L’article dans son intégralité sur le blog d’Iris.

15 décembre

Le temps passe vite et il est déjà temps pour nous de découvrir ce que Gildas, du blog « Les Bouteilles de Maigremont » nous cache dans sa chaussette : « En ce 15 décembre, c’est Bibi Fricotin qui retire la chaussette de dégustation. J’avais envie de vous parler d’une bouteille qui me frappe en plein cœur à chaque dois que je l’ouvre. Elle vient d’une région que j’affectionne particulièrement : l’Alsace. Un producteur aussi travailleur et minutieux que discret : Jean Boxler. La bouteille ? Un Riesling Grand Cru Sommerberg 2007. (…)

Ce Sommerberg est issu de sols granitiques des pentes ahurissantes de Niedermorchwihr et de Katzental dans le Haut-Rhin. Ce sol donne à ce Riesling un tranchant digne des plus belles lames rasoir. Ce vin peu barbant affirme un caractère au plus près du sol avec de légères notes de terpènes et de métal froid. La matière est vive, vibrante, caractérisée par le millésime 2007 qui en rajoute une couche pour l’amateur en quête de vin pas mollasson. Ce qui ne veut pas dire que l’acidité va vous faire regretter d’avoir oublié votre Mopral du matin : au contraire, la chair est enrobée, dense. La finale qui chamboule tout est sublime, intense et déroule sa longueur sur une pointe de fruit jaunes et de sel. A se damer, merci Jean Boxler! » Retrouvez l’intégralité de ce déshabillage de chaussette avinique sur le blog de Gildas.

16 décembre

Seizième chaussette du Calendrier de l’Avin, et comme toute bonne ligérienne ne se refait pas, Pauline Boët nous a amené pour l’occasion une bouteille quelque peu moustachue! : « Il en est de ces bouteilles qui surprennent le buveur, réveillent des papilles engourdies et, entêtants, vous habitent et vous enchantent…

En ce jour de l’avent du 16 Décembre, j’ai sortit pour calendrier de l’Avin ma dernière bouteille du Domaine de la Louvetrie, un Muscadet sur lie 2009  du célèbre moustachu Jo Landron.

Premier coup d’oeil dans le verre et nous voilà émues par un beau jaune pâle brillant et lumineux.

Nous inspirons, marathoniennes avant la course, avec vigueur. Des parfums d’agrumes, délicats pamplemousses, et une pointe de noisette… une rondeur olfactive enveloppante et les images d’une Loire méandreuse en contrebas.

La lumière dans le verre se retrouve en bouche: ce qu’il faut de beurre pour gentiment tapisser nos palais, un peu d’amertume, beaucoup de fraîcheur mais point de cette acidité qui fait saliver à outrance et toujours ce goût insistant presque persistant  de rev’nez-y! » Le billet dans son intégralité et les photos qui vont avec sur le blog de Pauline.

17 décembre

Aujourd’hui, dans la chaussette des Vignerons Indépendants du Tarn, il n’y  pas une bouteille en particulier, mais plutôt une appellation qui appelle le soleil :   » En cette fin d’année nous ne pouvons que vous souhaiter de partager des moments de convivialité autour d’un vin de Gaillac, évidemment! :-)
Vous trouverez certainement dans notre appellation « Gaillac », vignoble aux 7 vins, LE vin approprié pour vos instants festifs.
Nous vous incitons aussi à vous fier à ce petit logo « Vigneron Indépendant », Des vins et des personnalités authentiques.
En effet ce logo et cette signature sont un véritable repère pour le consommateur. C’est le gage que le vin dégusté est l’aboutissement du travail d’un Vigneron Indépendant.
Nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d’année… sans modération! »

18 décembre

Voici enfin venu le jour du Doc, qui soigne nos discours trop lisses et injecte une grosse dose d’humour dans ses ordonnances pour combattre nos préjugés. Dans sa chaussette aujourd’hui un Beaujolais un peu particulier : « Ceci n’est pas une banane – Beaujolais-Villages 2010. Franchement vous auriez envie de boire un vin élaboré par un ex-gogo dancer picard (doublure locale et travesti asiatique du danseur cinématographique Djon Tra-Vo-Lta)??  J’ai hésité longtemps, très longtemps. Quand j’ai appris au détour de son dossier des RG, trouvé sur un disque dur dérobé chez Rue 89, que ce dernier occupait un poste d’informaticien,  j’ai failli renoncer définitivement. (…)

On démarre dans un sous-bois tapissé de fraises et de groseilles. Un rayon de soleil, une touche de fourrure, de rafle, une goutte de sang, une pointe de métal. Une attaque acidulée, ponctuée là encore, de petites touches métalliques. Un ensemble déjà onctueux, finement épicé avec cette petite touche sucrée au final. Et alors, me direz-vous ?

Cette banane possède LA CHOSE qui m’a fait revenir vers le gamay en général et le beaujolais en particulier. Il y a cette touche de rusticité, cette « juste rugosité », de plus en plus rare, dans la longue liste lisse des gamays patineurs… C’est cette rusticité qui donne de l’ampleur, de la mâche et du caractère à ce faux climactérique des vignes. Et merde, en plus c’est bon !! » Retrouvez le billet du Doc dans son intégralité sur son blog.

19 décembre

Ce 19ème jour du Calendrier de l’Avin sera bulleux ou ne sera pas! Elise Lemoine a bravé la neige et décidé de nous sortir un Gimonnet  Blanc de Blanc, premier cru : « Bourgogne ou Champagne , mon cœur balance…mais je ne résiste pas au plaisir des petites bulles ! Parmi les nombreux flacons dégustés parfois chez lavinia, là où je travaille pour les fêtes, l’un d’eux s’est démarqué, et ce pour une raison évidente : on ne sert pas le champagne trop froid !! Il avait été bien rafraîchi, mais trop…bonne piqûre de rappel : le champagne est d’abord un vin ! donc, ne pas le servir glacé :) car le premier verre servi m’avait fait l’effet d’avaler un glaçon au citron… raide de chez raide… et puis la température monte un peu, je remue mon verre (tic du sommelier :) … et là, génial : le nez s’ouvre, la bulle s’affine, fine et crémeuse, la bouche prend ses aises… il se relève et ce pur chardonnay s’affirme dans toute sa splendeur !! Ravie donc d’avoir rencontré ce blanc de blanc Premier Cru de Pierre Gimmonet … minéral sans être trop vif, peu dosé, ce brut m’a donné moults arômes au nez et en bouche… agrumes, citron, poire, un brun d’exotisme, une note de craie. Plutôt complexe donc…longue finale : j’en redemande !! mais il me faut rentrer chez moi :)  »

20 décembre

Un vin décembre sous le signe de la musique ! Christophe, de Musique et Vin, nous parle Margaux : « L’habit fait le moine et en ce charmant Vin novembre, portant la casquette de Musique&Vin, je vous propose une chanson à reprendre en coeur dans toutes vos repas de fêtes et à accompagner plus sérieusement d’une bouteille découverte au dernier grand tasting : Un Margaux, le Château Bel Air Marquis d’Aligre. Un Bordeaux bien singulier. Fait rare à Bordeaux les bâtiments du château sont plutôt en ruine, et la cuverie pourrait faire fuir et inquiéter nombreux visiteurs mais tous les points clefs de la vinification et de l’élevage sont parfaitement maîtrisés par Jean-Pierre Boyer. Une propreté et une minutie exemplaire sont appliquées à chaque opération. Les vins ne sont pas logés dans les fûts classiques bordelais, mais uniquement en grande cuve de ciment depuis le milieu des années 1950. Auparavant l’élevage était fait en fûts de chêne et autre fait rare seuls les beaux millésimes sont mis en bouteille. Il n’existe par exemple pas de 1991, 1992, 1993, 1994 et 1997! Les vins produits par Jean-Pierre Boyer n’ont jamais beaucoup de couleur et présente un style très particulier, mêlant finesse et intensité de parfums. Ils sont volontiers comparés à des vins de Pomerol, voire même à certains grands vins de Bourgogne. Et pourtant ils ne sont souvent pas compris, de part leur singularité.
A présent la chansonnette à pousser du bout des lèvres…
La fillette du père Noël » Pour pousser la chansonnette avec Christophe, rendez-vous sans plus attendre sur le blog de Musique et Vin.

21 décembre

Jour de l’hiver, ce coquin de Philippe regarde sous les jupes des quilles plutôt que dans sa chaussette de l’Avin, pour nous proposer, non pas un vin, mais quatre ! Explication : « Le Vin-est-un, c’est le jour de l’Hiver, précisément à 23h38!… Le jour le plus court et donc… la nuit la plus longue!…Puisque le jour ne reviendra pas avant… avant longtemps, autant être armés pour subir cette froide noirceur. Et pour cette soirée, pas une, pas deux, pas trois, mais quatre quilles, pour La Pipette aux quatre vins!… Et que cachent-elles sous leurs jupes, ces quilles?… Ce sont les quatre filles du Docteur Berthoud, venant en droite ligne du Gard et de Gajan, plus précisément du Mazet de Croses. Elles font partie du projet (R)assembler, au cours duquel il s’agit de proposer un vin collectif, millésimé 2009. Elles sont plus ou moins prudes, ou pudiques… Certaines montrent leur nuque, leurs épaules, mais toutes sont plutôt court vêtues!…
(…)
Ah!… Si ce projet avait vu le jour avec le millésime 2010, sa teneur en aurait-elle été foncièrement autre?… Allez savoir!… La bloglouglou, telle qu’elle s’active aujourd’hui, très encline à se fédérer l’espace d’un temps plus ou moins long, autour d’une idée soufflée (et parfois jouée), aurait bien pu prendre d’assaut la perspective de composer ce vin collectif. Uni-vers-le-net eut pu faire partie des suggestions pour le nom de la cuvée!… Ou Noël Face B!… «  Découvrez les quatre vins (R)assemblés sur le blog de la Pipette aux Quatre Vins.

22 décembre

Noël arrive à grand pas, et c’est au tour d’Isabelle Perraud de nous réchauffer avec un vin choisi avec beaucoup d’amour, puisqu’il s’agit du vin d’Iris, autre star vigneronne du web : « Pour ces fêtes de fin d’année, donc, et à l’approche des 2 réveillons, je vais continuer à ne prendre aucun risque…et ne vous en faire prendre aucun par la même!!!
L’esprit de Noël, les anges, le feu dans les cheminées, la neige…et Iris du domaine de Lisson.
Et là, pas de précaution à prendre, on peut y aller les yeux fermés parce que plus sincères qu’Iris et son vin: y a pas!
Avec Iris, c’est d’abord une rencontre sur le Net…quand j’ai lancé mon blog en 2007…comme elle est très curieuse!, et moi aussi, on est vite rentrée en relation…Et pour se trouver des dizaines de point commun…assez bluffants, faut l’avouer. (…)
Ce sont des vins de fêtes et donc le moment de les acheter et de les boire? Iris saura vous conseiller pour vous dire lequel choisir et comment l’accompagner. C’est un vin qui a la prétention de ne pas en avoir…justement…de la prétention! Pareil que sa génitrice!
Alors, vite, jetez vous sur le bon de commande pour le commander vite vite avant noël et le jour de l’an!!! » Le billet dans son intégralité sur le très bon blog du domaine des Côtes de la Molière, tenu pour notre plus grand plaisir par Isabelle !

23 décembre

En ce 23ème jour du Calendrier de l’Avin, on devient tous fans de Saint-Emilion ! Marylin, du blog « I love Saint Emilion », a bien failli ne pas survivre au vin caché dans sa chaussette : « UN 23 DECEMBRE 1901, BEAUSEJOUR M’A TUER
Ou le souvenir de dégustation d’un très grand vin
Il existe là-haut sur la Montagne (Montagne St Emilion), un village de Gaulois. Et dans ce village entré en résistance face à l’opprimant (St Emilion), on peut rencontrer Astérix qui a fini par épouser Falbala et eut de nombreux enfants. Astérix ( Pierre Bernault pour les intimes) est tombé dans le tonneau quand il était petit. Du traumatisme reçu à sa naissance, il n’a jamais résilié. Pire, il a récidivé. Dans son camp de retranchement baptisé Beauséjour où il résiste vaillament il a commencé à cultiver son jardin. Mais très vite, à Montagne, il y fait très chaud l’été, la soif s’est faite intense. Heureusement des vieux pieds de vignes centenaires avait résisté à l’envahisseur, et avec son ami Stéphane Derenoncourtix, ils vont s’improviser vignerons.
Pour faire front, ils ne lésineront pas sur les moyens. Sueur, sang et larmes. Pour créer la potion magique, il faut en passer par là. » Le billet dans son intégralité sur le blog des amoureux de Saint Emilion.

24 décembre

Jour du réveillon, ce n’est pas le Père Noël qui est passé nous déposer un cadeau, mais bien la Mère Noël, à savoir Anne Georget, qui nous gratifie pour ce réveillon d’une bonne bouteille tirée de sa chaussette : « Domaine Jean Petitot et Fils – Nuits-Saint-Georges – « Les Poisets » 2003″ : Cela fleure bon les cailles à la tapenade, la dinde rôtie de la veillée de Noel, les grives aux raisins, les noisettes de biches sautées au poivre, les truffes, le rôti de sanglier….vous avez encore faim ? La mère Noel vous promet la suite aussi riche de qualificatifs élogieux pour satisfaire la convivialité de votre réveillon gourmand, breuvage, mur, dense, corsé, chuttt silence religieux !!! goûtez donc !!!!! » Joyeux réveillon à tous

25 décembre

Joyeux Noël à tous ! Comme c’est un jour un peu particulier aujourd’hui, le Père Noël (déguisé en Jean-Marc Imberdis) nous fait l’honneur de nous lire un merveilleux conte (à lire en écoutant ceci : http://www.deezer.com/listen-2599225 Conte de Noël ou un beau moment de partage…

Le Père Noël existe !.. Si, si, je vous assure ! Je l’ai rencontré! La preuve : C’était il y a une dizaine d ‘années. Dans une autre vie. Car, un peu comme les chats, j’en ai eu plusieurs. A cette époque, j’étais libraire, et ma passion pour le vin

était sur le point de dépasser celle que j’éprouvais depuis ma tendre enfance pour les livres. En fait, plutôt pour le métier de libraire. Mais c’est une autre histoire… A quelques jours de Noël, alors que la frénésie consumériste battait son plein, y compris dans ma modeste boutique, mon regard fut attiré par une de mes clientes, plantée devant le rayon « Vin et Gastronomie » et dont la perplexité semblait n’avoir d’égale que le découragement. Bien vite, je m’enquérais des motifs de son état semi-dépressif. Et cette charmante dame de m’avouer qu’elle était à la recherche de l’introuvable. A savoir un cadeau pour son mari, dont le seul intérêt, en dehors de son métier de pharmacien, était le vin. Mais qu’il n’aimait pas lire, et que de toutes façons, il avait déjà tout les livres sur le vin… La quadrature du cercle, quoi !..

Heureusement , le propre du « bon commerçant », c’est d’avoir réponse à tout. Or, en ces années 90 finissantes, j’avais développé, au beau milieu de mes rayons de livres, un petit îlot de cd-roms, touche de modernité dans un monde qui n’a que peu évolué depuis Gutenberg… Et parmi ces galettes en plastique, un logiciel de gestion de cave qui, si ma mémoire est bonne, s’appelait « Bacchus » et dont le créateur était un certain François Mauss, qui depuis a fait du chemin. Ce logiciel, je le connaissais bien pour l’utiliser chez moi depuis quelques années, et ne lui trouvais que des qualités. Je n’eus donc pas à forcer beaucoup mon talent pour convaincre ma cliente que c’était l’achat idéal. Et elle quitta ma librairie soulagée de lui avoir retiré une épine du pied, et d’une poignée de francs. (C’était une autre époque vous dis-je !..)

Quelques semaines passent. Et Noël aussi, par voie de conséquence… Ce fait divers d’hiver de la vie d’un libraire est tombé aux oubliettes de ma mémoire. Jusqu’à ce qu’un beau jour, c’est le cas de le dire, le pharmacien sus-nommé pousse la porte de la librairie, à la recherche d’ouvrages pour sa fille. L’apercevant, je m’empresse d’aller à son encontre pour le saluer, sourire affable et poignée de main, et de lui demander si son cadeau de Noël fut apprécié. Et là, c’est le drame !.. Ce monsieur m’annonce sans vergogne, que ce logiciel, c’est une daube et qu’il ne marche pas.

Avec l’air courroucé qui va bien… Penaud, je lui enjoins de me le rapporter s’il y a bug et qu’on procèdera à un échange standard. Mais que nenni ! En fait, le logiciel fonctionne très bien ! C’est mon client qui le trouve compliqué, pas pratique, en un mot chiant à utiliser. En désespoir de cause, je lui propose donc de l’échanger contre un livre ou un autre cd-rom. Mais cette solution ne semble pas lui convenir. Il est piqué au vif quand je lui dit que je l’utilise sans souci depuis quelques temps et que je ne comprends pas qu’on le trouve compliqué à utiliser. Et de me lancer un défi. « Je vous donne une heure pour m’apprendre à utiliser ce « Bacchus » et je vous offre une bouteille si vous y parvenez. »

Mon goût pour la compétition, sportif amateur que je suis (à l’époque), doublé d’un esprit aventureux (qui m’habite toujours), me font accepter sans ambages.

Rendez-vous est pris pour quelques jours plus tard à 10h30, devant le PC de

démonstration de ma librairie. Et donc, ces quelques jours passés, je vois arriver mon client. Je garde le souvenir

d’un temps gris et froid, peu engageant. « C’était un temps déraisonnable On avait mis les morts à table… » disait Aragon… Mais nul piano ou canapé, et encore moins de Lola. Juste un homme contrarié et un peu revêche, deux chaises et un écran… Je me demandais bien si je serais à la hauteur, car il y a une marge entre utiliser quelque chose et apprendre à une tierce personne à s’en servir. Et on a beau être entouré de pédagogues dans la famille, l’atavisme, ça ne marche pas toujours…

Il s’assied à coté de moi, sur sa chaise, pose un gros sac de sport sur ses genoux, la fermeture zippe en un éclair et il me montre un court instant une bouteille de blanc en m’annonçant que quoi qu’il arrive, celle-là on la boirait après mon « cours ». Les verres étant dans une petite boite en carton au fond du sac. Puis, il saisit une seconde bouteille. « Celle là, elle est pour vous, si vous arrivez à me convaincre. » Pétrus 1994 !.. Autant dire, pour l’amateur quasi exclusif de Bordeaux que j’étais à l’époque, le Graal… Si le mot « pression » existe, j’en ai connu la définition à cet instant. J’installe donc le logiciel sur le PC et commence ma démonstration. Moins de dix minutes plus tard, mon client m’arrête et me signifie que ce n’est pas la peine de continuer. Suspense… Stop ou encore ? Soupe à l’oseille ou à la grimace ? Yes !.. Il a tout compris. Pari gagné !.. Instant d’émotion intense. Je vais avoir un bijou dans ma cave. Pétrus 1994. Dans ma tête se bouscule les : avec qui vais-je le boire, quand sera-t-il optimum, avec quel plat l’accompagner…

Puis les choses s’enchaînent et vient le moment de passer dans mon petit bureau pour boire la bouteille de blanc. Une fois installés, il me présente la bouteille. Un Montrachet de chez Ramonet !.. (désolé, je n’ai pas retenu l’année et à l’époque, je ne prenais pas de note.) Bien sûr, j’en avais entendu parler, mais les tarifs étaient (sont ?) rédhibitoires et la liste d’attente longue comme un jour sans fin. C’était donc pour moi une première. Un grand Bourgogne blanc…

La bouteille fut donc vite débouchée et le précieux liquide emplit bientôt nos verres.

Alors certes, je n’ai aucune note sur les moments qui suivirent. Mais ces instants magiques sont encore gravés au fond de ma mémoire. Peut-être un peu enjôlés avec le temps. Mais peu importe. Ils constituent un acte fondateur dans ma découverte du monde du vin. C’est un peu mon appel du 18 juin, mon congrès d’Epinay… Bien sûr, il y eut dans ma vie d’amateur puis de professionnel du vin d’autres moments forts, mais je garde une tendresse particulière pour cette matinée de février.

La bouteille fut, comme il se doit, éclusée à 12h30, bien aidé par un ami qui, par l’odeur (les arômes, en l’occurrence) alléché, avait passé la tête par la porte du bureau au bon moment.

Et le vin, alors !.. me direz-vous… Le point le plus marquant fut la note mentholée qui se dégageât de nos verres et qui parfumât le bureau de longues heures durant. Je n’avais et n’ai jamais trouvé un vin qui exhale une telle puissance aromatique sur une note aussi marquée. Quant à la bouche, c’était un monument d’équilibre. Doux, rond et gras sur une trame acide lui donnant une fraîcheur incroyable. D’une longueur.. Et toujours ces arômes mentholés… J’en frissonne encore de plaisir. Quant au Pétrus 1994… et bien, il est toujours dans ma cave !.. Jamais je n’ai osé lui faire sauter le bouchon. Peut-être pour conserver un lien matériel avec ce moment féerique. Peut-être de peur d’être déçu et que ce vin ne soit pas au niveau du Montrachet… Je ne sais… Un jour, peut-être. Sûrement, même…

Autant vous dire que je voue, depuis ce jour, aux pharmaciens amateurs de vins un culte qui n’a rien à envier aux adorateurs du soleil chers à Hergé dans les aventures de Tintin. Et en particulier à cet homme, amateur de Pétrus et de Ramonet, qui fut mon Zorrino.

Alors, quand je vous disais que le Père Noël existait !..

Merci à Jean-Marc pour ce joli conte de Noël, et très bon Noël à tous !

26 décembre

Eh oui, le Calendrier de l’Avin n’est pas un calendrier de l’avent comme les autres, il se prolonge jusqu’à la fin décembre ! Youpi ! Et aujourd’hui, bulles avec Michel, de Vinodis, mais attention, pas n’importe quelles bulles : « En cette période de fin d’année, la consommation de bulles connaît un pic assez exceptionnel, que ce soit pour les Champagnes, les divers Crémants mais aussi les Cavas et autres méthodes traditionnelles (et non plus Champenoises), ou encore les Prosecco et Clairette.

Comme nous sommes connus pour être très « classico-classiques », nous allons vous faire déguster un vin exceptionnel qui conviendra parfaitement pour vos repas de fin d’année.

A l’œil, une robe jaune pâle, des bulles fines et régulières. Au nez, ce sont des fruits mûrs légèrement sucrés, avec des notes à la fois florales et vineuses, de gelée d’abricots qui dominent et pas de traces de Chardonnay caractéristique de grand nombre de mousseux. En bouche, la mousse n’est pas trop envahissante et le fruit est généreux. L’acidité n’est pas trop importante comme dans certainsCavas.

Bon, tu nous dis ce que c’est ? Un indice, c’est un vin belge … » La suite, ici.

27 décembre

Mais qu’est-il donc arrivé à la bouteille du 27 décembre. On a eu beau chercher au fond de la chaussette, pas de bouteille… Mystère… Et finalement, c’est François Desperriers qui a repéré son chat en train de s’amuser avec… une bouteille invisible ! Le pauvre chat s’ennuyait un peu et avait trouvé la bouteille invisible très amusante, si bien qu’on le soupçonne même d’avoir fini la dite bouteille. C’est marrant, mais, comme dirait François, « un chat chou ché chuper chiant :-)  ». Alors tchintchin à touch, chélébrons l’invichible bouteille et les chats, en che vingt-chept déchembre, et remerchions Franchois de nous avoir déniché chette quille invichible.

28 décembre

Point de bouteille en ce 28 décembre, mais plutôt un chaussette pleine de bouchons… 3 milliards pour être précis ! Mais à qui donc appartient-elle cette chaussette? Au Guide Vindicateur, l’homme qui valait 3 milliards de bouchons. Et aussi maître de cérémonie des très sérieux (ou pas) Vindic d’Or 2010. Retour à l’envoyeur : je décerne très officiellement le Vindic d’Or du meilleur titilleur à Antonin, notre Guide oenospirituel, pour ses billets qui mettent le doigt là où ça fait mal, posent les bonnes questions et nous incitent tous à réfléchir à notre rôle d’amateur/dégustateur/blogueur/critique. Et il n’y a pas encore 3 milliards de bouteilles référencées dans le Guide Vindicateur (13 351 pour être précis), mais ça ne saurait tarder.

29 décembre

En ce 29ème jour du Calendrier de l’Avin, Benoît Tarlant, du Champagne du même nom, bloqué par une chute de flacons, est descendu dans la cave familiale pour nous trouver la bouteille parfaite :  » Donc, Vin Neuf, ca me donne envie de quoi : un vin pour accompagner un 9 dur? un Chateau9? un 199neuf? un vin élevé en fût 9? Une transgression pourrait même me mener au Nouveau, mais je préfèrerais plutôt un vin vieux. Un vieux vin pour une chaussette neuve. Voilà l’idée.

Un vin qui sent les cachettes, la poussière, les vieilles plantes séchées, les cartes postales… Un vin de grenier. Voilà ce dont j’ai envie.

Il va falloir fouiller dans la cave parternelle, voire grandpaternelle, la cave de la famille quoi…

Des vieilles bulles. Ça, on en a ; et pas que gardées au fond de l’océan. Mais je n’ai pas envie de faire de prosélytisme ici, n’en déplaise à certains ;-) Alors cherchons un vieux vin plat pour ce vin-neuf.

De la poussière plein les yeux, des toiles d’araignées dans les cheveux, je trouve dans un coin une rangée de papillotes.

Je ne sais pas pourquoi mais je sens que je m’approche du Graal. Du vieux papier emballant soigneusement quelques flacons. Comme un vieil album de famille, je l’ouvre délicatement et découvre l’inimaginable.

Un flacon de coteaux champenois. Vu l’aspect de l’étiquette et la police de l’écriture, c’est au moins aussi vieux que moi… Et à travers le papier se dévoile un blanc-vert satinée! » Pour savoir ce qui se cache derrière le papier, rendez-vous sur la page Facebook du Champagne Tarlant…

30 décembre

On aurait pu s’attendre à ce que Franck nous tweetawine a wine, mais nous, il nous tweetawine toute une cave : « A Noel les enfants adorent découvrir les magasins de jouets et s’émerveiller devant tous ces joujous… Alors pourquoi pas en faire autant. Pour cette visite j’ai donc décidé de vous amener dans une cave. Mais pas n’importe quelle cave, celle de mon père, celui-là même qui m’a initié aux plaisirs viniques et qui possède une cave certe modeste mais qui je le sais cache quelques petits bijoux.

Alors entrons… » Découvrez tout plein de petits trésors, un Savagnin 2005 de chez Puffeney, un Chinon, une Mondeuse Prestige de Michel Grisard ou encore un Chateau Rieussec 1975 et un Chateau Léoville-Poyferré 1999.

Voici les prochains participants du Calendrier de l’Avin, et parce que c’était un peu trop lisse, Doc Adn s’est chargé de tirer avec beaucoup d’humour le portrait de chacun de ces futurs participants sur son blog.

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29 Commentaires pour l'article “Calendrier de l’Avin”

  1. Antonin :

    Merci Eva ! On démarre fort avec un Milan au top : espèce d’esthète « du sans soufre », il fait de belles cuvées (un peu) sulfitées aussi. J’attends toujours d’être déçu par un vin de chez lui… Pas demain la veille ! Chopez le père Noël avant qu’il ait tout bu.

  2. Bourgogne Live :

    Super idée Mère Noel!
    J’ai postulé pour le 10 avec la Cuvée 910 de Julien Guillot!
    François

  3. Félicien :

    « One bottle a day keeps the doctor away »

  4. Christophe :

    Le 20, facile à mémoriser :-)

  5. Eva :

    @Antonin Je vais passer ma commander au Papa Noël !
    @François c’est bon, ta place est réservée !
    @Félicien j’approuve :)
    @Christophe comme de par harsard ! :)

  6. Iris :

    J’opte pour le 13, situ veux bien – le vin va se trouver d’ici – là:-):

  7. Eva :

    Iris ce sera le 14 du coup, Christian est déjà sur le 13. Je vais mettre le calendrier à la fin de l’article.

  8. Serge Lescouarnec :

    Aujourd’hui j’ai partage des Images de Loire par Jean-Francois Souchard sous le titre 4 Slices of Loire, Watching Loire River Flow with Jean-Francois Souchard images sur ‘Serge the Concierge’.

    Une des 4 est des vignes de vouvray vues du ciel.

    Serge

  9. Elise :

    hello ! j’opterai bien pour le 17 , si cela est possible :) merci !

  10. Christian Bétourné :

    Olif en tête de Gondole? Le traître!

  11. La Bloglouglou vous invite à ouvrir les portes de son calendrier de l’Avin jusqu’au 24 décembre — Bourgogne Live | Site d'information sur le vin, l'œnotourisme et l'art de vivre en Bourgogne :

    [...] Découvrir le Calendrier de l’Avin chez Oenos [...]

  12. Trêve de Noël pour les Vendredis du Vin « Vendredis du Vin :

    [...] nous a ouvert un espace sur son blog (qui, du coup, va encore être bousté dans le classement vin wikio, mais c’est sure, elle ne [...]

  13. Cyril :

    Mais mais mais le calendrier de l’avent ne s’arrete t’il pas a Noel ?
    Tout fout le camp…
    Et pourquoi pas un 30 (1 vin et un 1/2) ?

  14. Eva :

    C’est parce qu’on est rock jusqu’au bout de l’année !!!
    Je te réserve le 30?

  15. TweetAwine :

    Bin si le 30 et le 31 sont encore dispo, je prends.. désolé je me réveille

  16. InVinoCom :

    J’opte pour le 30 ou 31 au choix pour du champagne si encore dispo…

  17. Eva :

    Allez Franck, le 30 sera pour toi ! :)

  18. Eva :

    Ok vous deux, le calendrier est désormais complet ! :)

  19. Cyril :

    bONtempi

    Les participants ont ils ete prevenus qu’a la fin de l’ope ils doivent fournir une photo nus pour la publication du calendrier oenu 2011 ??!

    Ah ah …c juste pour chiper la place d’un eventuel abandon de derniere minute. Bons vins a tous

  20. Iris :

    J’étais dans les air hier, survolant vos chères têtes blondes et brunes, mais je vous avait bien préparé ma chaussette pour le 14, elle pend ici:-):

    http://lisson.over-blog.com/article-calendrier-de-l-avin-13-une-chaussette-a-l-italienne-envoyee-de-l-allemagne-62857018.html

  21. Gildas :

    Pour la contribution du 15, c’est ici http://maigremont.canalblog.com/archives/2010/12/15/19872555.html

  22. Jo Landron, ô l’inspiration! | Eyes Wine Open :

    [...] ce jour de l’avent du 16 Décembre, j’ai sortit pour calendrier de l’Avin ma dernière bouteille du Domaine de la Louvetrie, un Muscadet sur lie 2009  du célèbre [...]

  23. Elise :

    hello ! je t’ai envoyé sur FB ce qu il faut ! merci à toi :)

  24. Calendrier de l’Avin : vivement l’année prochaine ! | Oenos :

    [...] nous a bercé pendant tout le mois de décembre, vive le Calendrier de l’Avin et tous ses participants [...]

  25. Calendrier de l’Avin : le retour… | Oenos :

    [...] dernière, je vous avais proposé de remplir avec moi un Calendrier de l’Avin, une calendrier de l’Avent avec des bouteilles de vin. Vous aviez tous pris part au jeu [...]

  26. Terre d’Ombre du Domaine L’Anglore | On Boit Quoi Ce soir ? | On Boit Quoi Ce soir ? :

    [...] L’article sur ce vin naturel faisait partie du Calendrier de L’Avin, une idée originale que l’on peut consulter sur le site [...]

  27. Il est de retour… Le Calendrier de l’Avin ! | Oenos :

    [...] première année, c’était de manière très artisanale. La deuxième a vu naître un véritable calendrier en bonne et due forme. Et vous découvrirez [...]

  28. Bebert :

    Et voilà, la bouteille de Petrus 1994, évoquée dans le billet du 25 décembre, a vécu.
    J’ai enfin trouvé avec qui la boire.
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151786144626446&set=a.10151786144341446.1073741840.140925481445&type=1&permPage=1

  29. tomy63 :

    Ah sacré Bébert, quelle histoire ce Pétrus ! Ca donne plus envie de devenir libraire (ou informaticien) que caviste ! Merci de m’apprendre au 14 décembre que Zinfandel et Primitivo ne font qu’un. Par contre « Brunello de Montepulcino » ? Vous êtes sûr ?

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