L’INAO reconnaît les trois premiers crus communaux du Muscadet : Le Pallet, Clisson et Gorges.

Posté par Eva ROBINEAU, le 21 juillet 2011

Un tournant dans l’histoire du Muscadet : l’INAO vient de reconnaître  les trois premiers crus communaux, Le Pallet, Clisson et Gorges.

Un communiqué d’Interloire m’annonce la création et la reconnaissance par l’INAO des trois premiers crus communaux du Muscadet, Le Pallet, Clisson et Gorges. Devraient suivre Mouzillon-Tillières, Château Thébaud, Monnières Saint-Fiacre, Goulaine… entre autres. Qu’est-ce qui va changer avec ces crus communaux?

- Des rendements limités (45 hectolitres par hectare au lieu de 55 en appellation sous-régionale et 65 en muscadet générique) ;

- Une entrée en production des vignes au bout de six ans minimum ;

- Une maturité des raisins très importante (11 à 12° naturels au moins) ;

- Un élevage plus long.

Un engagement vers plus de qualité donc. Pour Joël Forgeau, président de l’appellation : « Pour les consommateurs, les crus communaux du Muscadet sont l’assurance d’offrir ou de s’offrir de grands vins de garde, originaux car très rares et encore peu connus, au terroir très précis et clairement identifié. Les crus confirment qu’il y a une vraie légitimité, pour un amateur de grands vins blancs partout dans le monde, à choisir un muscadet.

Pour les vignerons, la création officielle des crus est une reconnaissance de la qualité de nos terroirs. C’est aussi une reconnaissance du travail accompli depuis des années pour mieux les connaître, les analyser et les mettre en valeur. Mais c’est surtout un encouragement, une locomotive pour motiver tous les acteurs du vignoble à poursuivre ce chemin vers l’excellence. Les crus communaux du Muscadet ouvrent la voie à toute l’appellation (source : communiqué de presse Interloire)

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On ne peut que se réjouir de cette orientation du Muscadet vers plus de qualité. Comme beaucoup, le Muscadet a longtemps été pour moi synonyme de « petit-vin-blanc-pas-cher », celui que l’on prenait en soirée, parce que bon, c’était pas trop cher, et c’était de l’alcool. Faut dire ce qui est. Bon le lendemain, c’était paracétamol party et on se demandait si on n’avait pas perdu un bout de notre estomac au passage. Tout ça pour dire que j’ai longtemps considéré injustement le Muscadet comme un petit vin sans intérêt.

Pour y revenir finalement, en entrant par la porte Landron et son Fief du Breil. Une sorte de révélation. Mince, c’est vrai qu’ils font de belles choses dans le Muscadet. Dommage qu’il soit si mal considéré encore et qu’il ne soit pas encore synonyme de qualité. Dommage qu’on ne sache pas suffisamment qu’en dehors des bouteilles à 2 € du supermarché, il existe de vrais vins, qui procurent un vrai plaisir tout en restant dans des prix raisonnables. Bien sûr, il faut psychologiquement accepter d’acheter un Muscadet à 10 €. Mais cela en vaut la peine.

Le Muscadet est en crise, la démarche vers plus de qualité ne peut être qu’encouragée et soutenue. Il y a une place dans les grands vins pour le Muscadet.

Pour comprendre l’histoire du vignoble du Muscadet et avoir le point de vue d’un sage parmi les sages, je vous invite à lire ou à relire le cri du cœur de Michel Smith, sur le blog des 5 du vin,  intitulé Muscadet, le dernier grand vin de Loire ? «Granite, schiste, gabbro, gneiss, l’histoire n’est pas finie. D’autres talents viendront grossir les rangs. J’en profite enfin pour déclarer haut et fort que le Muscadet est désormais l’un des plus grands vins blancs de France. Et qu’il serait temps qu’Inter Loire et les autres s’en rendent compte.»

Alors pour que tout le monde s’en rende compte (je vous l’avais demandé il y a quelques temps sur Facebook, mais je pense qu’on peut recommencer ici), dans le Muscadet, dites-moi quels sont les domaines et bonnes bouteilles que vous recommanderiez à vos amis?

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4 Commentaires pour l'article “L’INAO reconnaît les trois premiers crus communaux du Muscadet : Le Pallet, Clisson et Gorges.”

  1. Jean-Charles :

    Et dire que les crus communaux existent depuis un bon bout de temps (je buvais du Gorgeois 1999 quand j’étais en viti-oeno à côté du maitre Guy Bossard et même du Schistes de Goulaine 2003).

  2. sebastien fleuret :

    Marc Pesnot t’es à moins de 8 euros et c’est très très bon !!!! Et ce qu’il m’a raconté à ma dernière visite est édifiant. je lui demandais pourquoi il se faisait suer à déclarer sa vendange en AOC alors qu’au final il vend tout en vin de table. sa réponse : » ben si c’est bon, oui je le vends ne vin de table, mais si c’est pas bon je le vends en muscadet ! »

  3. pellissier :

    j’ai travaillé à clisson et pour un viticulteur, un passionné et ses vins étaient grands !!e vous les recommande. un goût de roche, de minéral et de granit; un goût et un robe! il s’appelle xavier gouraud domaine du clos de la barrière. merci de m’avoir permis de m’exprimer

  4. DECOURT ANNICK :

    je suis importatrice de vins « BIO » en Belgique; depuis longtemps j’avais à coeur de révéler aux amateurs qu’il y a des « MUSCADET » qui ne vous descendent pas dans les semelles de chaussures …
    J’ai découvert les cuvées du Domaine des Cognettes, et en particulier son CLISSON qui est une pure merveille dont la minéralité se décline en bouche, avec une longueur superbe qui ferait pâlir bien d’autres vins blancs soit-disant prestigieux. A recommander pour ceux qui aiment les découvertes avant-gardistes !le Comptoir des Vins BIO – Belgique

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