Bienheureux les Ignorants de Davodeau…

Posté par Eva ROBINEAU, le 24 octobre 2011

Après avoir lu les articles d’Olif et de Philippe, j’avais vraiment très envie de me jeter sur « Les Ignorants » d’Etienne Davodeau et de le lire.


Un tour à la FNAC plus tard, me voici en possession du fameux livre. Oui, livre. Je m’attendais à une BD au format traditionnel. Non, là, c’est un vrai livre, épais et lourd. Heureusement que j’ai un gros sac à main ;) 24,50 €. Tiens, c’est le prix d’une bouteille de Noëls de Montbenault de Leroy aux Caves Augé il me semble, ai-je pensé.

Deux heures de trajets en métro m’auront suffit à le dévorer complètement. Étienne Davodeau et Richard Leroy m’auront fait m’évader, oublier ce métro, redécouvrir ce beau terroir angevin, explorer d’autres mondes… Un livre admirable à bien des points de vue…

Découverte. Etienne Davodeau a pendant un an accompagné Richard Leroy dans sa vigne et dans son travail pour découvrir le métier de vigneron et le monde du vin. De son côté, Richard Leroy a accompagné l’auteur dans le monde de la BD et de l’édition. Monde que je ne connaissais pas non plus, que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir également.

Partage. Au-delà de la découverte de ces deux mondes ô combien similaires, on suit les deux compères avec bonheur et une certaine complicité. Racontée avec beaucoup de pudeur et de réalisme, cette aventure d’un an, nous lecteur, la vivons au même rythme qu’eux. On se sent petit à petit de plus en plus proche d’eux. On les suit volontiers dans leur aventure humaine et on partage avec eux de beaux moments.

Ouverture. Richard Leroy pratique l’agriculture biodynamique et soufre très peu ses vins. Il explique à Etienne Davodeau les raisons de ces différents choix. Mais quand il rencontre Robert Saléon-Terras et Régis Lansade du domaine Les Chemins d’Orient (eux-aussi héros de BD), leurs avis divergent. Ils se chamaillent un peu. Le fait d’aborder aussi les débats du vin en donnant la parole aux pros vins sans soufre et aux pros soufre (si on peut être un poil manichéen) permet au lecteur d’avoir un vision plus large et plus ouverte. Il appartient alors au lecteur de se faire, seul, sa propre opinion.

Réalisme. Ce récit n’est pas idyllique. Des moments de joie et de franche rigolade contrebalancent parfois avec la dure réalité des deux métiers. Le fait de ne rien occulter rend le récit et les personnages encore plus proches, plus humains. De la naissance d’un vin à la naissance d’un livre, le parcours est semé d’embûches et de belles rencontres, il est important de n’occulter aucune partie.

Humour. Parce que tout au long du livre, j’ai souri, j’ai rigolé doucement. Tout au long du livre, plein de petites anecdotes m’ont fait sourire comme le vigneron qui râle en regardant la carte des vins au restaurant (et je ne vais pas toutes vous les raconter, bien sûr…). Cela rend le livre encore plus vivant, les personnages encore plus proches.

Aventure. Les différentes escapades des deux compères les amènent aussi bien chez au salon de la BD qu’en Corse chez les Arrena, ou encore dans le Jura avec Jean-François Ganevat. On voyage, on en prend plein les yeux en même temps qu’eux. Et on en redemande !

(là je ne vous mets aucune photo, vous prendrez le temps d’apprécier ces magnifiques paysages par vous-même en bouquinant…)

Il faut prendre le temps d’apprécier ce livre, comme on apprécierait un vin de Richard Leroy. Cela demande de l’attention mais du plaisir surtout. On le dévore, on en redemande, on est presque triste de devoir les quitter à la fin…

Cette initiation croisée est une initiation pour nos deux protagonistes, mais aussi pour nous. On y découvre différentes facettes de chaque métier, on rentre dans le quotidien de ces gens, on s’attache à eux. Et on se rend compte que finalement, nous sommes aussi ces ignorants… Et qu’on est très content d’en faire partie…

PS : J’ai juste une peur. Que le succès des Ignorants ne rendent encore moins disponibles les vins de Richard Leroy…

PS 2 : J’avais très soif tout au long du récit. Une bouteille des Noëls de Montbenault 2009 en a fait les frais.

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12 Commentaires pour l'article “Bienheureux les Ignorants de Davodeau…”

  1. PhilR :

    Joli, Eva!… ;-)
    Je te confirme que depuis quelques jours, les consultations vers La Pipette à destination des articles consacrés à Richard Leroy se multiplient!… Un signe!… Richard va encore promettre plus de flacons qu’il n’en dispose! Il n’a pas de réimpression, lui!…

  2. Les ignorants…du vin et des bulles ! | Vinovelo :

    [...] P.S 2: Isolé dans mes Corbières, j’étais moi même ignorants de l’émulation qui s’était déjà créé sur la toile avant mon retour à la civilisation ce week-end à Montpellier. La pipette au 4 vins Olif et Jean Charles du ptijournal du vin naturel en ont parlé sur leur blog. Et ça continue chez oenos… [...]

  3. GDWine :

    Une bouteille en a fait les frais… tu bois dans le métro ? ;)

  4. Eva ROBINEAU :

    @PhilR C’est le désavantage des bouteilles de vin, aucune réimpression possible ;-)

    @GDWine Oui, oui, bien sûr, parce que j’ai toujours une bouteille de Noëls de Montbenault dans mon sac ;-) Et que les odeurs du métro ne parasitent pas du tout mon odorat…

  5. David :

    Je me delecte a chaque page. Pour ma part, je trouve que Richard produit un des plus grand chenin. Et malheureusement, je n’ai pas encore pu le rencontrer lors de mes périgrinations en anjou :-( … peut etre autour d’une presse offset bientot car le comble de cette histoire, c est de les retrouver dans une imprimerie…je suis dans les arts graphiques !! Et plus specialement dans l’imprimerie !
    Tres sympa votre blog.
    Amicalement,
    David

  6. Regards croisés sur le vin et la bande-dessinée : Les Ignorants de Davodeau | Oenovino – BLOG sur le VIN, Web TV Oenologie, Vidéos Oenologie :

    [...] : le mariage des vins et de la bande dessinée. Et pour commencer, suivons les recommandations du Blog Oenos qui a déniché une bouteille des Noëls de Montbenault aux caves Auger, et buvons le vin de Chenin [...]

  7. Apérostrophe : pour Noël, les blogs de vin vous conseillent des livres à lire entre les vignes — Bourgogne Live | Site d'information sur le vin, l'œnotourisme et l'art de vivre en Bourgogne :

    [...] « Je m’attendais à une BD au format traditionnel. Non, là, c’est un vrai livre, épais et lourd. Heureusement que j’ai un gros sac à main !  24,50 €. Tiens, c’est le prix d’une bouteille de Noëls de Montbenault de Leroy aux Caves Augé il me semble, ai-je pensé. Deux heures de trajets en métro m’auront suffit à le dévorer complètement. Étienne Davodeau et Richard Leroy m’auront fait m’évader, oublier ce métro, redécouvrir ce beau terroir angevin, explorer d’autres mondes… Un livre admirable à bien des points de vue… » Article complet sur Oenos.net [...]

  8. Les ignorants…du vin et des bulles ! | Vinovelo :

    [...] Olif et Jean Charles du ptijournal du vin naturel en ont parlé sur leur blog. Et ça continue chez oenos… « Etes vous « trou du cul » ou Entre-Deux??? Picrate, Whisky [...]

  9. Les mots du vin #2 : la tension | Oenos :

    [...] Vin de France, Les Noëls de Montbenault, Richard Leroy, [...]

  10. Bibliothèque de l'oenophile #7 - Les Ignorants d'Etienne Davodeau · Un Mets Dix Vins :

    [...] que je ne sois pas la seule à avoir aimé cette BD : vous pouvez aller faire un tour chez Eva, chez Olif, ou chez Philippe. Les Ignorants, récit d’une initiation croisée Etienne [...]

  11. Vins naturels, je vous aime. Des fois. | Oenos :

    [...] leur accessibilité. J’ai découvert ces notions grâce au vin nature. La pureté d’un Noëls de Montbenault de Leroy ou d’une Pierre Précieuse d’Alexandre Bain est nouvelle et éclatante, la gourmandise [...]

  12. Les Rouliers, le Ch’nin qu’a vraiment d’la gueule | Oenos :

    [...] travers les Ignorants d’Etienne Davodeau, on a tous pu découvrir et apprécier la nature du travail de Richard Leroy, la proximité du [...]

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