Les mots du vin #1 : de la torchabilité du vin…

Posté par Eva ROBINEAU, le 13 janvier 2012

Oui les mots du vin. Pour tenter d’expliquer ma vision du vin, mes approches, mes évolutions aussi. À vous de me donner votre propre définition.

Cela me trottait déjà dans la tête depuis quelques temps. Quand j’aime un vin, j’ai quand même tendance à m’enflammer un tout petit peu. Légèrement. Mais du coup, lorsqu’on s’enflamme, on utilise plein de mots, parfois complètement inventés ou incompréhensibles par la personne en face de nous. Alors voilà, pour échanger autour de ses mots du vin, et aussi un peu pour s’amuser quand même, je vais vous donner MES mots du vin.

Je précise bien que ce sont mes propres définitions, que la vôtre, si elle est différente, n’en sera pas moins fausse. Elle sera juste différente, la différence étant facteur de richesse.

Mot du vin #1 : torchabilité

Sibardise, Frédéric Cossard, 2006.

Notion entendue dans la bouche de différentes personnes (Patrick, Olif, Guillaume notamment) et lue aussi sur la bouteille de Sibardise de Frédéric Cossard 2006 (ci-dessus). Pour comprendre ce qu’englobe la notion de torchabilité d’un vin, prenons une situation extrême.

Nous sommes en été, un midi, en terrasse, le barbecue est en train de chauffer, les côtés de porc en train de griller, le soleil en train de taper et nous, nous sommes en train d’ouvrir une bouteille de vin (oui, une situation extrême, terrible, à laquelle seuls les braves survivent). La torchabilité prend ici tout son sens car certains vins ne peuvent être bus dans de telles conditions. Et certains se prêtent sans aucun problème à la tâche.

La torchabilité, c’est quand quelqu’un prend la bouteille et s’étonne de la voir vide « Mais, elle est déjà finie? ». Oui, tout le monde a bu le vin avec tellement de gourmandise et de facilité que les verres se sont vidés à vue d’oeil.

Un vin torchable se doit d’être accessible au plus grand nombre, il se doit de plaire immédiatement par ses arômes plaisants et gourmands. Bien sûr, un vin complexe peut être torchable, mais sur un vin plus complexe, on prendra plus le temps d’apprécier les arômes et les saveurs. Un vin torchable a lui juste (enfin, « juste » avec une vingtaine de guillemets) vocation à donner un plaisir immédiat et à faire couler le reste de grillades que l’on grignote à l’envi.

Et une bouteille de vin torchable se trouvera forcément vide à la fin du repas. Mais personne n’aura oublié ce vin si bon.

Voilà donc une proposition de définition de la torchabilité. Et quelques exemples de vins torchables, mise à part la Sibardise citée plus haut :

- Tsoin Tsoin, Bourgueil, Laurent Herlin, 2010.

- Amène, Beaujolais Villages, PUR, 2009.

- Vin de KaV, Chiroubles, Karim Vionnet, 2009.

- Les Glaneuses, Les Foulards Rouges, 2009.

(ouais, que des rouges, allons-y!)

Est-ce cela aussi pour vous la torchabilité ?

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17 Commentaires pour l'article “Les mots du vin #1 : de la torchabilité du vin…”

  1. olif :

    Le coefficient de torchabilité peut également concerner des vins de terroir et/ou qui appartiennent à la race des plus grands. Dernier exemple en mémoire, le Vin Jaune 2004 de Stéphane Tissot, servi légèrement rafraichi, sur des huitres vendéennes, lors du salon Le nez dans le Vert. « Le Jaune, faut que ça se picole », n’arrêtait pas de répéter Stéphane…

  2. Patrick Bottcher :

    Comme Olif,….

    Est torchable tout vin, quelque soit son origine et son appelation, qui ne tient guère plus de 10 minutes pour une table de 6 convives et pour lequel, à la 11e minute, un des six convives, exige une seconde bouteille.
    L’indice de torchabilité est la pente de la droite qui donne le nombre de minutes pour boire une bouteille torchable en fonction des convives.

  3. guilhaume gerard :

    Bravo!
    Ma societee d’import est base sur cette « torchabilitee ». Si la bouteille reste sur table plus de 10 minutes…on importe pas!

  4. Les Cousins :

    On adore la notion de « torchabilité ». Chez Nous on dit aussi « picolabilité », et j’ai aussi entendu dans la bouche de Pinuche du Baratin « GROS coefficient de buvabilité » avec une telle gourmandise, que même sans les mots on aurait tous compris

  5. Eva ROBINEAU :

    J’adore connaître vos définitions ou vos autres mots, la buvalité étant un autre beau mot du vin ;-)

  6. Les mots du vin #2 : la tension | Oenos :

    [...] du vin. De MES mots du vin. J’ai déjà beaucoup aimé vos compléments de définition sur la torchabilité. Je vous invite à en faire de même cette [...]

  7. Les mots du vin #3 : le gras. | Oenos :

    [...] les tentatives d’explication de la torchabilité et la tension, on continue la série de mes mots du vin avec un nouveau mot, le gras. Je ne vais pas [...]

  8. Red is not dead | Oenos :

    [...] cette bouteille, qui n’a pas fait long feu et bénéficie donc d’un gros coefficient de torchabilité. Alors je suis plutôt contente de ne pas mettre arrêtée à ce foutu bouchon et aussi très [...]

  9. Romain B. :

    Quel différence avec un vin de soif d’après vous ?

  10. Bain c’est Bon. Et pas qu’en Blanc. Mais aussi en Blanc. | Oenos :

    [...] bon, du fruit, du croquant, du glou, de la gourmandise en veux-tu en voilà et c’est tor-cha-ble ! Un vrai petit bonheur cette [...]

  11. Eva ROBINEAU :

    Un vin de soif est torchable je pense. :)

  12. Non, le vin naturel n’est pas une mode pour embobiner les bobos | La vigne et les vins :

    [...] un judgment que certains jugeront fumeux mais qui flow moi a surveillance son sens, celui de buvabilité. Je ne dis pas qu’il ne m’arrive jamais de trouver à des vins qui ne sont pas naturels des [...]

  13. Attention, nouvelles stars | Oenos :

    [...] mais un peu légère quand même, c’est tout gourmand et ça a un coefficient élevé de torchabilité. Les bouteilles sont bien trop petites en fait… Et c’est prouvé, c’est [...]

  14. Gangnam style wine? | Oenos :

    [...] qu’on est terriblement content d’avoir découvert et goûté. Et bu. Parce que de la torchabilité, il y en a là [...]

  15. « Sauvé de la Citerne » (et heureusement!), Jeff Coutelou | Oenos :

    [...] rejoins Paco : on ne crache pas ! C’est juste trop bon comme il faut, gourmand et torchable, pas prise de tête mais vraiment bien foutu. C’est tout soyeux, joli, rond et plaisant à [...]

  16. Bien boire et bien manger à Paris : 6 Paul Bert | Oenos :

    [...] des Foulards Rouges. Le magnum n’est pas assez grand. C’est bon, mais c’est bon ! Torchabilité [...]

  17. High QQ | Brett happens :

    [...] translation of coefficient de torchabilité, which was François Barmès’s favourite metric, or so it seemed at the MWG tasting he led a [...]

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