Les mots du vin #2 : la tension

Posté par Eva ROBINEAU, le 31 janvier 2012

Deuxième volet de ma petite série de mots du vin. De MES mots du vin. J’ai déjà beaucoup aimé vos compléments de définition sur la torchabilité. Je vous invite à en faire de même cette fois-ci.

Je rappelle que mes mots du vin sont personnels et ne représentent en aucun cas une vérité. Ils sont simplement là pour exprimer ce que je ressens lorsque je goûte un vin mais aussi pour que vous, me disiez ce que vous, vous mettez derrière ces mots.

Place aujourd’hui à un mot qui m’a intrigué au commencement de ma découverte du vin. Ils sont nombreux mais j’ai choisi aujourd’hui celui-ci : la tension.

TensionOuh le beau découpage-collage !

C’est quoi un vin tendu ? Il est stressé ? Non le vin n’est pas stressé. Mais il file droit. Un vin, ça peut filer droit ? Oui, dans la bouche, ça se tend. Ça file droit mais ça reste. Longtemps. Comme un élastique du goût qui se tendrait au maximum, au bord de l’éclatement parfois, et ne relâcherait que bien plus tard, bien après que l’on ait avalé la gorgée.

La tension du vin réveille une bouche, un palais, surprend aussi. Ça part et ça butte dans le palais. Schlack ! Et bam le palais, prends-toi ça !

Et comme un élastique, la tension du vin lui donne une structure droite. Ça se tient bien. Le vin ne fait pas de faux pas. Cela donne des vins d’une grande classe, élégants. Il n’y a bien sûr pas que la tension qui donne une belle matière aux vins. Mais c’est ce qui, moi, me plait lorsque je déguste du vin blanc notamment. Si ça file droit et si ça détonne dans la bouche, ça me plait. Et ça dure. Longtemps.

Alors quels sont les vins qui ont cette tension ? En voici quelques-uns, liste non exhaustive, à compléter bien sûr :

- Muscadet, Amphibolite nature, Jo Landron, 2010.

- Vin de France, les Guinechiens, Benoit Courault, 2010.

- Vin de France, Les Noëls de Montbenault, Richard Leroy, 2009.

- Pouilly Fumé, « Pierre Précieuse », Alexandre Bain, 2010.

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7 Commentaires pour l'article “Les mots du vin #2 : la tension”

  1. sebastien fleuret :

    les sels d’argent de l’Anglore…. en fait y’a 2 ou 3 trucs à mon avis qui favorisent la tension d’un vin : la minéralité, l’acidité et la salinité. Mais comme toujours c’est une question d’équilibre

  2. olif :

    Et l’attention, dans tout ça? Celle qu’on porte au vin, évidemment.

  3. Jpierre :

    Torchabilité, buvabilitié, on perçoit bien, c est du vécu. Un vin tendu, adjectif préféré du célèbre couples de dégustateurs binomiques, qui utilisent un peu à toutes les sauces dans leurs commentaires les termes de tension, droiture, netteté, j adhére moins. La tension ne serait elle pas un fine le succédané faussement moderne de la bonne acidité, celle qui permet au vin de vivre, de vibrer, de durer. Mon toucher de bouche, autre terme abscon des mêmes auteurs, n aime certe pas des vins détendus, tordus, brouillés, mais je préfère porter l’attention – merci olif – aux sensations de verticalité du vin en , l horizontalité allant pour moi de la légèreté à l’opulence, en parlant

  4. HAUSER :

    La tension ? Le vin quand il vous tient. Quand il se dresse en bouche sans faux pli. Quand il ne gondole pas. Quand il se plaque sur les papilles comme un alpiniste sur la roche. Quand il vous réveille le palais endormi, assoupi. Comme un escalier, une vis sans fin, une colonne vertébrale, une tête chercheuse. La tension c’est la verticalité, le voyage au cœur de la terre, l’ascension vers le ciel.
    Le vin quand on lui porte attention.

  5. Vinodis :

    Je retrouve aussi cette tension dans certains Chardonnay du Jura que j’ai dégustés …

  6. Les mots du vin #3 : le gras. | Oenos :

    [...] les tentatives d’explication de la torchabilité et la tension, on continue la série de mes mots du vin avec un nouveau mot, le gras. Je ne vais pas [...]

  7. Romain B. :

    Je suis assez d’accord avec JPierre pour trouver que le terme de « tension » est un peu surfait. En revanche, dire qu’un vin file droit me parle. J’ai souvenir d’un bourgogne blanc servi trop chaud et qui, pour le coup, ne filait pas droit en fin de bouche. On aurait vraiment dit qu’il savait pas se tenir « droit », et que sa distinction apparente n’était qu’une illusion dissimulant une pointe de vulgarité …

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