Trash-test : Refaire le monde 5*****

Posté par Eva ROBINEAU, le 24 janvier 2012

Ouais carrément, un trash test !  Attention : ce test a été réalisé grâce à l’encadrement d’une équipe de professionnels. N’essayez en aucun cas de reproduire ce test chez vous.

Refaire le monde - Sébastien Fleuret

Refaire le monde, Sébastien Fleuret, 2010 :

5 ***** au trash test OenosNCAP

(Oenos Norme de Consommabilité Attribuable au Pinard)

Qu’est-ce donc que cela, un trash test?

Comme un crash-test, mais pour un vin. Et parce que les conditions dans lesquelles le test a été réalisé sont vraiment trashs.

De quoi se composent les différents éléments du trash test?

Le trash test se compose tout d’abord d’un vin très bon, déjà goûté auparavant et reconnu pour ses qualités gustatives.

Puis, d’un boulet sur pattes, en l’occurrence, moi-même.

Et enfin, d’un congélateur et d’une plaque de cuisson.

(oui là, tout de suite, vous avez peur, et vous avez raison)

Je tiens ici à préciser que le vigneron n’est en aucun cas lié à cette expérience (donc à ma connerie).

Refaire le monde - Sébastien Fleuret

Comment s’est déroulé le trash test?

En deux étapes. Tout d’abord, la première étape.

Un dimanche bien arrosé avec moultes découvertes vinicoles. Et le boulet, trop empressé de faire goûter « ce put*** de Chenin qui déch*** grave », qui met la bouteille de Refaire le monde au congélateur, « juste quelques minutes, simplement pour le rafraîchir plus vite ». Erreur impatiente fatale à ne jamais commettre si vous aussi vous vous laissez un peu trop vite embarquer au rythme des conversations déchaînées, oubliant la faim, la soif… et la dite-bouteille.

Et plusieurs heures plus tard, c’est le drame.

La bouteille est congelée, le bouchon gisant quelques centimètres plus loin dans le bac.

Pleurs, cris, dégoût, colère.

Enfin surtout un « mais qu’est-ce que je suis conne ! ».

Ben… Que faire de cette bouteille congelée?

La laisser décongeler.

La deuxième étape du test survient donc après la décongélation.

A côté de la chaleur des plaques à gaz, aucun souci pour décongeler le vin. La bouteille n’a subi aucun dommage extérieur et contient sans broncher cette étape de la décongélation.

La bouteille restera donc presque un mois dans cette situation, servant à agrémenter les sauces et les fondues d’oignon. A côté des plaques donc.

Refaire le monde - Sébastien Fleuret

Quels sont les résultats de ce trash test?

A l’issue de la première étape, le vin avait certes perdu la grandeur et l’élégance qui sont les siennes lors d’une dégustation en conditions normales. Rien à voir. Mais il n’empêche. Il s’est révélé être buvable. Et bien plus buvable que bon nombre d’autres merdes que j’ai pu boire. Rien à voir avec ce qu’il est en conditions normales mais il est buvable.

A l’issue de la deuxième étape du test, le vin se révèlera être « pas si terrible que ça ». Encore buvable, un peu moins qu’avant mais pas franchement dégueulasse non plus. Il n’a pas tourné au vinaigre, (et pourtant du soufre, il n’y en a que peu dans les vins de Sébastien) il ne s’est pas complètement éventé non plus.

Quelles sont les conclusions du trash test?

Ayant bravé et le froid extrême, et la chaleur extrême, les variations de température, ce vin a été soumis à de rudes conditions. Et pourtant. Il a résisté. Même s’il n’était pas aussi bon qu’auparavant (et il l’est vraiment, foi de ligérienne!). Incroyable non?

Alors il nous faudrait quoi, un regard scientifique pour nous expliquer le pourquoi du comment?

Je ne suis pas scientifique pour un sou, je ne vous expliquerais pas ici le pourquoi du comment. Et si quelqu’un a une quelconque explication, je suis preneuse.

Mais force est de constater ici qu’un vin peu sulfité, donc pas complètement nature mais pas loin quand même, a tenu le choc. Certains disent que ces vins sont fragiles et certains le sont vraiment, je suis la première à le reconnaître et à en avoir fait parfois la mauvaise expérience. Mais là, face à des conditions extrêmes, ce vin a tenu le choc. Vraiment. Et pas de vinaigre à l’horizon.

Tout ça pour dire quoi? Peut-être simplement que tous les vins sont uniques et qu’il est dangereux d’entrer dans des stéréotypes et des amalgames dans tous les sens. Qu’ils soient issus de l’agriculture biologique, biodynamique, qu’ils soient natures ou pas, tous ces vins sont uniques et il serait dangereux de tous les mettre dans le même panier.

Alors prenons les vins pour ce qu’ils sont : des entités vivantes uniques, à prendre au cas par cas, domaine par domaine, cuvée par cuvée, millésime par millésime. Et en l’occurrence, Refaire le monde est un cas unique de vin warrior. Les muscles bodybuildés de Stalone en moins.

Et bon. Pas la peine de sacrifier une bouteille supplémentaire de ce délicieux Chenin pour refaire l’expérience. Dégustez-la en conditions normales plutôt. Et fraîche, pas congelée.

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5 Commentaires pour l'article “Trash-test : Refaire le monde 5*****”

  1. Jules - Oenovino :

    Cela tient peut-être au cépage ? Le Chenin, c’est réducteur, donc résistant à l’oxydation… Faut refaire le test dans des conditions identiques avec un chardonnay. Je ne vois que ça.:)

  2. sebastien fleuret :

    Il n’y a que 30 mg/l de Soufre (avec un seul F) dans ce vin donc sa « solidité » ne provient pas de là mais à mon avis (et j’espère ne pas me tromper sinon faut que je change ma façon de vinifier), sa solidité provient :
    1/ Du chenin qui est le meilleur cépage du monde
    2/ Du fait que le raisin a été récolté très mûr mais parfaitement sain
    3/ Du fait que le vin a été élevé avec précautions 16 mois avant l’embouteillage et constamment protégé de l’oxydation par les gaz fermentaires naturels
    4/ Du terroir sur lequel ce vin est fait avec des argiles à schistes qui lui donnent de la puissance
    5/ Du fait que cette vigne est en agriculture biologique et que donc les racines vont VRAIMENT chercher dans le terroir et ne restent pas en surface ce qui confère, je pense, de la robustesse au vin
    5/Du fait également qu’on en fait parfois des tonnes sur le risque oxydatif et qu’on exagère peut-être un peu …

    Ceci dit ce n’est pas une raison pour massacrer mes quilles au congelo !!!!! Non mais !!! (bon je te pardonne mais que cela ne se reproduise plus!)

  3. Tiuscha :

    c’est un passage obligé pour le grunge tasting le crash test, genre bizutage ? Pas sûr que mon mari ait envie que je crâme une bouteille comme ça, même si elle peut être très buvable ensuite ?
    Pas rancunier, le ch’nin* !
    *prononciation du haut-poitou

  4. Eva ROBINEAU :

    @Jules Bon tu essaies avec un Chardonnay? Ouais non parce que là, j’ai mon quota de bouteilles congelées pour un moment quand même ;)

    @Sébastien Promis je recommencerais plus :( Je saurais être plus… patiente !

    @Tischua Nan, t’as vu ça le ch’nin lé pas rancunier pour un sou ! Mais par contre oui, si tu peux éviter ce genre d’expérience ça serait pas mal… C’est quand même meilleur en état normal ;)

  5. Une petite baigneuse frigorifiée… | Oenos :

    [...] je n’ai pas encore mis un vin au congélateur. Les températures extérieures s’en chargent [...]

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