#Vendredisduvin #44 : Loire, je vous aime

Posté par Eva ROBINEAU, le 1 avril 2012

Un Vendredi du vin placé sous le signe de… la Loire ! Anne, que je vous avais présenté, est donc notre présidente ligérienne pour cette 44ème édition et nous encourage à partager rigolades et régalades en Val de Loire.

Sujet facile pour toi, me direz-vous. Et bien, pas tant que ça. Oui parce que j’ai tellement de choses à dire sur la Loire, que je ne sais pas bien par quoi commencer, ni où je dois m’arrêter.

Je pourrais commencer en vous parlant de cette région, aux paysages parmi les plus beaux du monde (au moins!). Je pourrais vous parler des bords de Loire, de Nantes jusqu’à Sancerre. Je pourrais vous parler de ma région d’origine l’Anjou et des ces magnifiques coteaux. Je pourrais vous parler de Savennières, village en haut duquel on peut contempler ce si beau vignoble, cette si célèbre vallée du Layon.

Manger…

Je pourrais aussi vous conseiller un repas régional, plutôt dans les traditions de l’Anjou et du Maine-et-Loire vous l’aurez compris.

On pourrait commencer par des galipettes, des champignons, importés tout droit des campagnes et caves saumuroises, farcis à la rillette, ailés et persillés.

On pourrait aussi manger des rillauds, gros morceaux de poitrine de porc, à manger froids mais généralement quand même plutôt chauds de préférence parce sinon le gras ne ressort pas assez.

On pourrait continuer sur des fouées, appelées aussi fouaces selon le coin. Ce sont des boules de pâte à pain cuites au feu de bois que l’on garnit, une fois coupée en deux, au choix de rillettes, de confit de canard aux mogettes (haricots blancs), de chèvre ou encore de pâte à tartiner à l’huile et aux noisettes. Je préfère reprendre deux fois du chèvre.

On pourrait enfin finir, si c’est la saison, sur un pâté aux prunes, gâteau simplissime mais tellement appréciable en été. Une pâte à tarte, des prunes, un peu de sucre, une autre pâte à tarte, une cheminée ouverte sur la deuxième pâte et le tour est joué.

Mardi-Gras est déjà passé mais si l’envie vous en prend de refaire des bottereaux, ce serait un excellent dessert/goûter/en-cas. Pas tout à fait beignets mais complètement addictifs, ils sont meilleurs frais. En même temps, on leur laisse rarement l’occasion de rassir.

Et puis avec le café, on dégustera tout délicatement un Quernon d’Ardoise, chocolat bleu entourant une savoureuse nougatine, en rappel avec les ardoises qui recouvrent les toits des maisons angevines.

Et puis finir un petit verre de Cointreau ou de Combier, ou même de gniole, histoire d’assurer sa digestion.

Boire…

Et les vins dans tout ça?

C’est sans doute la partie la plus dure… J’ai découvert tellement de belles choses en Loire depuis que je m’intéresse vraiment au vin…Il y en a pour tous les goûts, du vin torchable à boire avec une planche de charcuterie au grand vin à la complexité incroyable. On peut tout trouver, du blanc, du rosé, du rouge, du pétillant, du sec, du liquoreux… En prenant le temps de chercher, il y a des vignerons qui travaillent très bien tout le long de la Loire, alors je ne peux que vous encourager à tout explorer.

Mais disons que dans le cadre d’un repas entre copains, sur les bords de Loire ou sur la terrasse ensoleillée de quelqu’un bénéficiant de la douceur angevine, on va privilégier les vins glouglous, 100 % torchable. Alors on va jouer à pif-paf-pouf dans ma cave et on va prendre :

En apéritif, on pourrait choisir entre le Cintré 2011 de Laurent Herlin, une Moisson Rouge 2010 d’Agnès et René Mosse ou encore Atmosphères 2010 de Jo Landron.

Atmosphères - Jo Landron

Et pendant le repas, j’ouvrirais sans doute des blancs comme le Puits, 2010 d’Olivier Lemasson, de Touraine « Thésée », 2010 de Puzelat-Bohnomme, ou encore un Anjou « Feuille d’Or » 2008 de Catherine et Philippe Delesvaux, et un Anjou « Le Pont Bourceau », 2010 du domaine Les Pierres Sèches.

Le Pont Bourceau - Domaine Les Pierres Sèches

Et pour ceux qui préfèrent le rouge, une bouteille de Béryl Rouge, 2010, de Joël Courtault, une bouteille de Touraine, « Le Haut Midi », 2010 de Gérard Marula, ou encore un Cheverny « Les Ardilles », 20098, d’Hervé Villemade, ou encore une bouteille de Léon, 2010 de Sébastien Fleuret.

Béryl Rouge - Joël Courtault

Bien sûr, ceci n’est qu’un tout petit aperçu de ce que la Loire renferme de merveilles.

Le Haut Midi - Marula

et bouiner !

Et une fois que nous aurons bien festoyé chez notre hôte, il y aura une belle taille comme on dit. Un belle quoi? Ah, le patois…

Dernière étape pour découvrir l’Anjou. Imaginons donc un dialogue entre Germain et René, son père, qui rentre chez lui après que Germain ait accueilli (et pas trop rangé) nos festivités.

R’né arriva l’tantôt et vit l’bazar dehors :
« Germain, mais qu’est-ce que tu bouines? Boudiou, t’as vu c’te taille? Prends un balai, un ramasse-bourrier et une beurouette, tu m’ranges tout ça. Et fait pas ça comme un sagouin !
- Mais ça mouillasse dehors !
- Ah bah dame non, i’pleut pas comme vache qui pisse non plus, sors don’ !
- Il é malcommonde çui-là…
- Arret’ don’ d’pigner et ferme ta goule.
- J’braille pas ! Pis j’ai d’qui t’nir !
- Allez sor’ et bousille-moi pas tout ! Surtout te casse pas la goule après que t’é serpillé et barre la porte en sortant ! »
R’né pris sa tasse, mis une pierre à suc’ dans son café et touilla. « Dame, qui c’est qui m’a foutu un sagouin comme ça, ça met du senbon et ça s’coiff’ mêm’ pas. Faut l’voir s’fagoter avec son pal’tot, ses ch’veux qui rebiquent. Dans l’temps, c’tait pas comme ça… Pis j’fé pas d’comes sur la voiture à chaque foué que j’me prend la berme comme lui. Allez, j’vé aller voir l’père Mimile, on va s’descendre une fillette et pis topette! »

(besoin d’une traduction? :) )

Topette tout l’monde !

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6 Commentaires pour l'article “#Vendredisduvin #44 : Loire, je vous aime”

  1. Michel Smith :

    C’est presque du Charentais, c’te langue …
    Les bulles de Jo ? Parfait, surtout chez nous quand il fait chaud !

  2. olif :

    Topette et à lundi, comme dirait aussi Christophe Daviau…

  3. Gérard G. :

    Et encore une fois (!), un article SAVOUREUX d’Eva, qui ouvre l’appétit et la soif sur cette (effectivement) plus belle région du monde !! :-) Quelle plaisir la lecture, on voudrait tellement y être et même pour ranger le « bastringue » après coup !
    Un texte que j’aurais aimé écrire ! :-) ))

    … Eva pas s’arrêtez de nous épater cette jeune femme … :-)

  4. Eva ROBINEAU :

    @Michel : Tu veux que je t’en envoie une bouteille?

    @Olif : Oui, c’est exactement à ça que j’ai pensé ;) http://www.vignobles-daviau.fr/web/13_un-vin-rouge-de-soif.html?PHPSESSID=8b510c8ef50e9ad311dc9615c2e0accc

    @Gérard :: Merci ;) Eva arrêté de parler patois par contre maintenant pour que tout le monde comprenne ;-)

  5. Isabelle S :

    Un texte délectable : sens propre, sens figuré, sens concret, sens patoisant, sens métaphorique. Les 5 sens, quoi!

  6. Romain B. :

    Ah, j’hésitais entre le domaine du Moulin et celui des Huards pour ma dernière visite à Cheverny, et pour des raisons pratiques (horaires d’ouverture), cela a été le second. Mais promis, la prochaine fois, j’irai chez Hervé Villemande !

    Cela étant, il y a de très bonnes choses au domaine des Huards, je pense notamment à un Cheverny 2010 à dominante de Sauvignon, très différent de ce qui se fait d’habitude : élevé complètement en cuves d’inox, il met en évidence des arômes végétaux très intéressants (herbe mouillée, feuille verte, etc) qui change des sempiternels arômes variétaux du sauvignon.

    PS: De ce dernier point de vue, j’ai été « contraint » de boire un mouton cadet blanc … on dirait du kir cassis …

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