Le goût de la patience…

Posté par Eva ROBINEAU, le 24 juillet 2012

La patience est une qualité nécessaire lorsqu’on explore le monde du vin. Rien n’est plus difficile que de résister à une bonne bouteille de sa cave, dont on se dit qu’il est encore trop tôt pour l’ouvrir mais que quand même, on aimerait bien la boire.

Et puis il y a des fois, on prend le temps d’attendre, on laisse les bouteilles dormir sagement dans sa cave sans vraiment les oublier. Et puis un jour, on décide d’en ouvrir une. Et là, il faut savoir attendre aussi un peu le vin en carafe. Mais après tout, à ce moment-là, on n’est pas plus à quelques heures près…

Saint Jean du Barroux, Philippe Gimel
Saint Jean du Barroux, SJB 4, 2007, Philippe Gimel.

Depuis le temps que je l’attendais… Dans un élan de sagesse, j’avais décidé de ne pas toucher à ces belles bouteilles depuis leur achat il y a 2 ans. Grand bien m’en a pris.

Lors d’un passage à son domaine, Philippe Gimel, vigneron du Ventoux, nous avait conduit dans ses vignes, puis dans son chai, pour une belle dégustation de ses différents vins, en bouteille ou en cuve. Ah oui, il ne fait pas que des rouges mais aussi une cuvée en blanc absolument incroyable aussi, mais bon je l’ouvrirais plus tard…

Bref, tous jeunes, on sentait dans ces vins beaucoup de puissance, les tanins étaient très présents et on avait envie de leur dire « Tout doux, là, tout doux… » Et après quelques années en bouteilles, il semblerait que les tanins se soient assagis, pour donner un vin puissant, corsé, conservant à la fois beaucoup de caractère mais aussi suffisamment de fraîcheur et de fruit pour être très équilibré et très gourmand. Cette cuvée porte maintenant un nouveau nom, La Source.

Passé 5 heures en carafe, il a pris le temps de s’ouvrir superbement, c’est beau et bon, un régal immédiat et en même temps un peu complexe pour nous inciter à prendre le temps de déguster. On a le Sud en bouche, mais le Sud version terrasse ombragée, de la chaleur avec un poil de vent qui nous chatouiller les papilles.

Bref, c’est un superbe vin qui nous ravit et nous régale. C’est la gourmandise qui nous incite à jeter un coup d’oeil à la carafe pour voir s’il en reste encore. Il rentre pour moi dans la catégorie des grands vins. Et on sent qu’il pourrait tenir encore des années et des années.

Clos des cèdres, Domaine Lisson
Clos des Cèdres, 2002, Iris Rutz-Rudel, Domaine de Lisson.

Merci tout d’abord à Iris pour la photo, l’étiquette étant tombée de ma bouteille, je ne savais pas ce que j’étais en train de boire, mise à part que c’était un vin d’Iris. Et il a reçu un carafage de 2 jours.

Le vin a attendu quelques années en cave, on peut bien attendre 2 jours, non ? ;-)

J’aime ce type de vin, à la fois puissant et soyeux, corsé mais agréable en bouche. Un côté épicé, joliment poivré aussi un peu, mais une belle acidité qui donne une trame cohérente au vin. On sait qu’on est dans le Sud, on a de la chaleur et des épices, mais ça passe tout seul. Je n’appliquerais pas ici le coefficient de torchabilité, je pense qu’il faut vraiment prendre le temps de l’apprécier.

Mais qu’est ce que je me suis régalée…

Alors, oui, il est parfois difficile d’attendre, surtout quand on sait ce qu’on a en cave. Mais cela en vaut souvent la peine. La patience a bon goût.

Philippe Gimel, Saint-Jean-du-Barroux
https://www.facebook.com/saintjeandubarroux

Iris Rutz-Rudel, Domaine Liston
http://lisson.over-blog.com/

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1 Commentaire pour l'article “Le goût de la patience…”

  1. Tronches de vin, où s’le procurer, où s’le faire dédicacer? | Oenos :

    [...] Rutz-Rudel, Domaine Lisson, que c’est très bon, Eric Callcut, vigneron picrate et sa « Banlieue Bible« , Raphaël Gonzales, [...]

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