Non, tu les paies tes bouteilles?

Posté par Eva ROBINEAU, le 7 août 2012

Il y a déjà un petit moment que je pensais à écrire un article de ce genre. Et l’étude sur les blogueurs et le vin relayée par Bourgogne Live, notamment la question de l’indépendance, me fournit finalement un bon prétexte pour en parler.

Laissons de côté les questions d’influence ou je ne sais quel autre Klranlette virtuelle. Il y est question d’indépendance. Question qui me ramène directement à une question finalement assez récurrente. On me pose assez souvent, et de plus en plus, la question de l’achat des bouteilles dont je parle ici. « Non, vraiment, t’achètes pas toutes ces bouteilles, si? »

Si. Sur mon blog, les bouteilles dont je parle sont des bouteilles que j’ai payées. Majoritairement.

Parfois, un vigneron m’offre une bouteille en plus du carton que je viens de lui prendre, un caviste me rajoute une bouteille dans mes sacs déjà pleins, un baràviniste me fait goûter une cuvée toute nouvelle qu’il veut absolument me faire découvrir. Et dans ces cas-là, je ne paie pas. Et je le mentionne dans mon article.

Mais la plupart du temps, je paie toutes mes bouteilles.

Et pourquoi? Par souci de rébellion à deux balles, pour dire que je suis indépendante et que jamais ô grand jamais je ne serais une blogueuse corruptible?

En fait c’est un peu plus compliqué que ça.

Ouais elle est pas droite, et alors? Ouais elle est pas dans le bon sens, et alors?

Choisir de choisir

Je suis quelqu’un qui achète du vin pour se faire plaisir, pour découvrir d’autres vins, d’autres régions, d’autres cépages (comment ça, y’a pas que le Chenin dans la vie?!?). J’aime choisir ce que je vais boire, que ce soit chez moi, au restaurant ou dans un bar à vin. Personne ne me dicte ce que je dois boire. Je-fais-ce-que-je-veux-d’abord.

Et je me sens plus libre d’en parler. L’indépendance passe par là. Si je n’ai pas aimé, je n’en parle pas, point. Et je préfère ne pas en parler qu’essayer de bidouiller un truc autour d’un vin que j’aurais moyennement aimé. Mais quand j’aime, par contre, j’ai tendance à le répéter et à le crier très haut, très fort. Et c’est sincère.

Cette bouteille. Et pas une autre.

Et puis, il y a un côté presque revendicateur dans l’acte d’achat. Acheter, c’est choisir, s’engager dans telle ou telle direction. Si je sais que le vigneron bosse bien, que la caviste est sympa et présente une vraie belle sélection, je serai d’autant plus contente d’acheter mes bouteilles et de « financer » ces personnes. Acheter des bouteilles prend alors presque une dimension militante.

Un consommateur militant. Je suis avant tout consommatrice, j’ai les mêmes attentes d’un consommateur « lambda »: me faire plaisir avec une bouteille et passer un bon moment. Mais en plus, je choisis tel vigneron parce que j’aime ce qu’il fait et je choisis de faire confiance à tel caviste pour une nouveauté parce que les bouteilles qu’il m’a conseillées ne m’ont jamais déçue.

Les limites de « c’est-moi-toute-seule-que-j’achète-bordel! »

Soutenir un vigneron en achetant ses bouteilles, on aimerait le faire dix fois plus. Mais je n’ai pas encore gagné au Loto et il faut bien me résoudre à faire des choix. Donc tant pis, je ne peux pas toujours (très souvent en fait) prendre une caisse d’un même vin pour voir et goûter comment elle va évoluer année après année. Mais est-ce si grave… (Oui en fait c’est très très grave, voire complètement angoissant pour un amateur de vins, mais il n’y a pas mort d’homme).

Une solution pour goûter à plein de vins différents sans se ruiner complètement, c’est d’aller avec des amis dans un bar à vins. Faites le calcul, 20€ la bouteille (droit de bouchon compris) pour 6 personnes, ça fait à peine le prix d’une bière tiède sur une terrasse avec les voitures qui passent à deux mètres. Donc on peut choisir de déguster un bon vin en ayant le sentiment d’avoir payé pour un beau travail accompli qui nous donne du plaisir.

Donc en fait tu les paies…

Wé, c’est ça. Tout ça juste pour ça. Pas un article démentiel, pas de quoi de me gargariser de mon indépendance bloguesienne (oula, c’est moche), juste : oui, je paie mes bouteilles et ça n’est pas prêt de changer.

PS : Oui, bien sûr, je paie mes vernis, mais ceci est une autre histoire…

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13 Commentaires pour l'article “Non, tu les paies tes bouteilles?”

  1. Gildas :

    Les bouteilles d’accord, mais les vernis à ongle ? :-)

  2. FmR :

    La vraie question c’est de savoir si tu payes en liquide ! (désolé je sors).

  3. Eva ROBINEAU :

    @Gildas, mauvais élève, t’as pas lu mon PS :P

    @FMR Hihihi, celle-là, je n’y ai même pas pensé :D

  4. Patrick Bottcher :

    C’est un beau « Wé » ça, une fois !

  5. Bourgogne Live :

    Faut faire un blog beauté pour économiser le vernis ?
    Bon, c’est par où la sortie :-) )
    ——->

    François

  6. Eva ROBINEAU :

    @Patrick Wé tavu ! (je fais aussi le weshwesh!)

    @François Ouais je vais faire une section vernis dans mon blog, je vais trop cartonner !

  7. céline :

    je plussoie : excellent billet eva ! (joli le vernis aussi, meme si je prefere le rouge :) ))
    en tous cas merci de dire ça !reste comme tu es …

  8. Marie :

    oui, c vrai, ça, tu paies aussi tous tes vernis???? au demeurant aussi beaux les uns que les autres, fais attention Eva, tu vas bientôt être plus sollicitée comme « mannequin main » ou « doublure main » que pour la justesse de tes articles!!! :-)

  9. Fabrice :

    Je suis tout à fait d’accord Eva, notre blog n’est pas un blog de dégustation à proprement parler mais si c’était le cas on ferait pareil, ou alors on dit qu’on a reçu les bouteilles gratos, clairement !!!!

  10. Eva ROBINEAU :

    @Céline Merci ! :) (oui je préfère aussi le rouge, mais attention, bientôt, je vais faire l’arc-en-ciel!)

    @Marie Ouais, ouais, carrément ouais, je paie mes vernis, trucs de ouf ! Merci m’dame ;-)

    @Fabrice Voilà, l’important c’est d’être vraiment transparent :-)

  11. Yves Beck :

    Et moi je cours demander un crédit à la banque pour pouvoir déguster les primeurs 2012 et payer chaque verre :-)

  12. Renaud :

    20 € la bouteille, c’est dans des coins où le prix de la bouteille reste correct, et où l’on peut boire un bon vin…
    Malheureusement, si tu habites dans une grande ville, il ne faut pas compter dessus… A cela s’ajoute souvent la mauvaise connaissance du « caviste ».
    Bref, 20 € pour une bonne bouteille, à déguster entre amis connaisseurs, ça devient presque un luxe! profite s’en à fond!

  13. Eva ROBINEAU :

    @Yves Pas de primeurs pour moi ;)

    @Renaud J’habite à Paris, donc niveau bouteilles chères, j’en ai vu un rayon. Mais du coup, j’ai mes bonnes adresses, avec des gens compétents et des bouteilles pas trop chères. Celles dont je parle régulièrement ici d’ailleurs :)

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