Sire, on en a gras ! – Vendredi du Vin #71

Posté par Eva ROBINEAU, le 29 novembre 2014

« Le gras, c’est la vie », tel est donc le thème de ce Vendredi du Vin #71, choisi par David, citant ainsi le cultissime Karadoc dans la non moins culte série Kaamelott. Et quelqu’un qui cite Kaamelott pour introduire un Vendredi du Vin mérite tout mon respect et donc une participation à ce thème.

Le gras, le gras, le gras… Les gras ! Thème bien choisi par notre président pour égayer cette fin novembre où commencent à pousser de partout raclettes, tartiflettes et autres pintades farcies au foie gras à la crème ! Et il faut bien parler de gras au pluriel, qu’ils soient solides ou liquides, car bon nombre de gras enveloppent nos bouches et nous régalent : le gras du saumon, le gras du fromage, le gras de la viande, le gras de la charcuterie mais aussi le gras du vin, cette sensation qui enveloppe la bouche et tapisse le palais entier, gras annonciateur d’une incroyable longueur en bouche lorsqu’il est soutenu par une acidité maîtrisée.

Et pour faire honneur à la série et au vin, je me suis du coup grandement inspirée d’une scène culte de Kaamelott, série que j’adore pour son humour percutant et absurde, ses répliques cultes, son Roi Arthur blasé et le couple candide Perceval et Karadoc. Et ses séances de Sloubi à rallonge.

Message personnel à Alexandre Astier : A QUAND LA SUITE DE KAAMELOTT BORDEL ?

Bref, revenons-en à nos (gras) moutons (en cliquant sur les photos, vous aurez le lien vers l’épisode en question) :

On en a gras

Karadoc et Perceval, tambourinant la porte du roi Arthur.

Perceval (tambourinant la porte) : Sire, sire, ON EN A GRAS !

Perceval : Sire, Sire, ON EN A GRAS !

Arthur (ouvrant la porte furibard) (si, si, ça se dit encore furibard) : J’espère que vous avez une excellente raison pour réveiller à une heure pareille sinon, je vous préviens, c’est le cachot !

Perceval : Oui mais Sire, on en gras !

Arthur : Mais, de quoi, hein, mais ça veut rien dire « on en a gras », vous en êtes conscients ?

Perceval : Conscients c’est quand on cherche à faire du mal à quelqu’un ?

Arthur : Non mais pas du tout, pioufff oooooh vous me fatiguez déjà. Bon, vous me voulez quoi au juste là, j’suis crevé…

Perceval : C’est parce qu’on en a gras, Sire !

Karadoc : Ouais, ON EN A GRAS !

Perceval Karadoc Kaamelott

Perceval : Parce que toute à l’heure, avec Messire Karadoc, on était à la taverne…

Arthur : Bah tiens, ça m’aurait étonné aussi…

Perceval : Comment Sire ?

Arthur : Non mais allez-y, allez-y, continuez…

Perceval : Donc on était à la taverne et on buvait un coup.

Karadoc : Oh juste un petit comme ça, vous inquiétez pas Sire.

Perceval : Bon d’habitude, le tavernier, il nous sert de la piquette.

Karadoc : De la grosse piquette, l’autre fois ça m’a même rendu malade, j’étais pas bien, même la terrine de lapin, elle passait plus, j’ai mangé que 3 fois dans la nuit… Et quand je manque de gras, je me dessèche. Faudrait me tasser sous le corps pour que j’en reboive de cette piquette !

Perceval : Sauf que toute à l’heure, son cousin de Carmélide, Gautier…

Karadoc : Non pas Gautier, Gautier, c’est le gars qui coupe à l’eau la cervoise qu’il revend au marché.

Perceval : Mais non, lui c’est Robin ce gars-là. Gautier c’est le cousin de Carmélide du tavernier.

Arthur : Je vais les tuer…

Karadoc : Vous fâchez pas Sire ! On vous raconte ! Du coup, Gautier, il lui a ramené du vin, mais attention, là c’était quelque chose de grand. C’était un peu comme manger une grosse tranche de terrine de lapin sur une tranche de fromage de brebis. Du bonheur !

Perceval : Le jus, là, il était couleur or ! Je vous jure Sire, couleur or, un peu comme tous les trucs qu’on a ramené de notre bataille contre les Huns.

Arthur : Oui enfin que J’AI ramené de cette bataille parce que vous étiez restés au campement pour bouloter toutes nos provisions sous votre tente je vous le rappelle !

Perceval : Et du coup, ce doux breuvage, il nous a dit qu’il s’appelait Anthologie 2010 et Gautier-là…

Karadoc : Je suis sûr qu’il s’appelle pas Gautier ce type…

Perceval : Ah mais vous avez raison, peut-être bien qu’il s’appelle Lothaire le type.

Arthur (soupir)

Perceval : Bon, bon an, mal an, le type, il nous dit que ça vient du domaine Delesvaux, où un brave vigneron et sa femme élèvent des jus comme ceux qu’on a goûté. Et on a goûté toute la quille, c’était incroyable ! On en était tout importuné !

Arthur Kaamelott

Arthur (soupirant) : Non mais, je… Mais ça veut rien dire…

Karadoc : C’était rond dans la bouche, gras et enveloppant comme du miel, sucré mais pas trop avec une belle acidité.

Perceval : Mais pas l’acidité des piquettes de d’habitude, ça non !

Karadoc : Et puis cette longueur en bouche, ces arômes de fruits secs, d’abricots bien mûrs, moi ça me bouleverse, ça me donne envie de manger, ça me donne envie de chanter ça. Écoutez à ce niveau là, c’est de l’érotisme.

Perceval : C’est bien simple, on en aurait pleuré Sire.

Karadoc : On était à un très très grand niveau de gras là Sire, la fine fleur du gras. On aurait voulu que la bouteille ne finisse jamais et on était bien embêté de l’avoir terminée. 

Perceval : Voilà, on était en extasie !

Arthur : Non mais on…. C’est pas extasie, c’est extase, d’abord, et puis JE PEUX SAVOIR POURQUOI VOUS ME RÉVEILLER A TROIS DU MAT POUR ME RACONTER ÇA ?

Perceval : Sire, on s’est dit avec Karadoc qu’un type qui arrive à produire de l’or en liquide comme ça, il aurait sa place à la Table Ronde.

Karadoc : Ouais, il saurait repérer le Graal, lui, comme c’est un peu un magicien de l’or.

Perceval : Et comme on galère pas mal avec le Graal, on s’est dit que ce serait bien d’avoir du renfort.

Arthur : Donc, en fait, vous venez me tirer du sommeil en gueulant à ma porte comme des porcs, pour me dire que vous êtes pintés la gueule avec un vin et que comme ça, là, entre deux bouts de gras, vous vous êtes dit que le type qui fait le vin, il pourrait faire partie des chevaliers de la Table Ronde ?

Perceval : Ah oui Sire, on en est persuadé !

(Arthur claque la porte)

trait

Perceval et Karadoc resteront à jamais comme la figure de génies incompris, en avance sur leur temps. Mais les Delesvaux, eux, sont des génies bien présents. Courrez vite découvrir leur génie en bouteilles !

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