Calendrier de l’Avin 2015 : 24

Posté par Eva ROBINEAU, le 24 décembre 2015

Chère 2015,

Je me souviendrai longtemps de toi. Oh oui crois-moi, très longtemps. Je te l’avoue, quand on s’est tous souhaité la bonne année, on le pensait vraiment très fort. Mais ça n’a pas suffit.

Quand des tueurs lobotomisés sont entrés dans les bureaux de Charlie pour en massacrer la rédaction, non, je ne t’ai pas cru, chère 2015. Non, tu ne pouvais pas commencer comme ça. La gueule de bois qui s’en suivie, l’addiction à BFM TV pendant la prise d’otages de l’Hypercasher, le besoin ensuite de tout couper, de se réunir entre amis, d’aller marcher le 11 janvier… Tu m’as désarmée, 2015. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer. J’avais besoin de lire, de me documenter, de réfléchir à tout ça.

Tenter de comprendre. La gorge serrée, essayer d’appréhender ne serait-ce qu’un peu ce qui s’était produit et ce qui avait pu engendrer tout cela.

Mais ça n’a pas suffit à comprendre et absorber ce qui a pu se passer le 13 novembre. Là encore, tu m’as laissée sans voix. Des pleurs. Des textos frénétiques aux Parisiens pour s’assurer que tout va bien. Un décompte de morts qui n’en finit pas de grimper. Des noms d’anonymes qui défilent, trop nombreux. Le sentiment d’être très proche de ceux qui se sont fait abattre. Le sentiment que ça aurait pu être tes potes, là-bas, baignant dans des mares de sang. Putain 2015, en écrivant ces lignes, j’en ai encore des frissons.

Et en même temps 2015, tu sais quoi ? La vie, la vraie, on a eu envie d’en profiter mille fois plus.

Car non, la peur ne m’a pas submergée. L’effroi, l’horreur mais non, pas la peur. On est en vie, on ne doit pas avoir peur. La vie doit gagner. Et avec ton lot de naissances de tous les côtés, 2015, tu nous as aussi montré ce que la vie peut amener de meilleur. La vie, l’espoir. L’envie de construire un monde meilleur pour ces petits bouts de machin encore fripés.

Et puis tu nous as aussi offert un moment de partage d’amour exceptionnel. Mon namoureux est devenu mon mari (même si en vrai, ça restera toujours quand même mon namoureux). Lors de notre mariage, on a reçu une tonne d’amour de toutes parts. On a passé un moment extraordinaire, hors du temps, inoubliable. Là, on t’a quand même bien aimé 2015.

En fait 2015, il y a eu plein de moments où on t’a bien aimée. Des moments que l’on a partagés avec une famille parfois un peu trop loin. Des moments où l’on a ouvert une quille, puis une autre, puis une autre encore, avec de nouveaux amis. Des moments où l’on a refait le monde avec du bon vin, du saucisson, des copains. Des moments où l’on a papoté à n’en plus finir avec nos amis. Des moments où l’on a embrassé très fort son amoureux, en se serrant contre lui. Pour tous ces moments, 2015, merci !

Alors pour clore ce Calendrier de l’Avin 2015 (merci à tous les participants, vous avez tous été super, vraiment, un grand merci à tous!), je n’ai pu choisir une seule quille parmi les deux qui m’ont mis une claque et ce, au cours du même repas.

Je vous ferai un tour de mes bonnes adresses d’Angers, ce n’est pas ce qui manque, mais ce repas-là, au restaurant Une Île, était incroyable, tant dans l’assiette que dans les verres. La compagnie dans ces cas-là est toujours un facteur supplémentaire pour passer de bon moment à très très bon moment. C’était le cas ce midi-là.

Et en guise de breuvage, deux très grands vins, pour lesquels je n’arrivais pas à me résoudre à finir la dernière goutte de mon verre. Du Ch’nin. Original, n’est-ce pas?

Oui mais pas n’importe quel Chenin. Isidore, Didier Chaffardon, 2006 et La Lune, Mark Angeli, 1997. Oui, du vieux et très bon Chenin. Grand, très grand. Si les deux étaient évidemment bien différents, on peut leur reconnaître une commune pêche d’enfer pour leur âge. Ils se tenaient tous les deux fiers, droits, tendus, incroyablement vifs. Quelle claque. Quelle trame. Quelle longueur. Qu’il est bon d’attendre un peu et de boire ce que la Loire fait de meilleur…

Putain ce que j’aime ce cépage. Putain ce que j’aime la Loire. Putain ce que j’aime le vin. Putain ce que j’aime la vie.

Allez, cœur à paillettes sur vous tous, abreuvez-vous bien et passez de bonnes fêtes. #jvousaimeputain

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