Calendrier de l’Avin 2016 – Jour 11

Posté par Eva ROBINEAU, le 11 décembre 2016

Peu de choses à dire pour introduire ce 11ème jour du Calendrier de l’Avin, je vous laisse avec les mots touchants de Franck… 

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Premier jour de décembre 2015. C’était entre toi et moi notre premier échange professionnel.
Je t’ai écris ceci : « Avec cette commande tu vas m’aider à devenir crédible dans le métier. »
Et toi de rétorquer « Tu es déja crédible tant tu es passionné !! Tu vibres pour le vin ! Ca se sent et, nous vignerons, on a besoin de gens comme toi :-)  »…

Quelques jours plus tard, Yannou tu perdais ton papi. Prostré là à « gamberger » pendant des heures, des jours, pour trouver des mots dignes en hommage à ton grand-père.
Lire que tu aurais aimé avoir ma plume, « entre profondeur des mots et sens » me toucha. Mais tu devais trouver tes mots.

Voilà ce 10 décembre ce que je t’ai envoyé « Parle moi de ton grand-père simplement. Fais-le pour moi s’il te plait avec des anecdotes comme le vin que tu lui as fait goûter, comme lorsqu’il s’allongeait dans les vignes. Qu’a-t-il vu de sa fenêtre… je crois que vous l’avez gardé auprès de vous jusqu’au bout ? C’est ça que tu dois partager ce qu’il a fait de vous en étant lui. Rappelle-toi ton premier souvenir de petit garçon. Je t’embrasse. »

Je ne sais pas si cela t’a été utile. Mais les mots que tu as posé sur papier puis clavier ce jour là en t’adressant à ton papi Jeannot était d’une profonde humilité.

Quelques mois plus tard, sortait une cuvée sans soufre non pas nouvelle mais rebaptisée. Un brut de cuve. Un cinquante – cinquante de merlot et cabernet franc en appellation Côtes de Castillon. L’Empreinte était devenue Le Marmot.

Hier soir, 10 décembre 2016, j’ai voulu goûter à nouveau cette cuvée pour que les mots pour l’Avin, pour Eva soient un peu plus qu’un couché de sensations.
Ouep, le nom est bien choisi. C’est du fruit à l’état pur. C’est sombre comme des mains d’enfants qui, sans compter, ont raflé des mûres, du petit fruit noir qui tâche. C’est un nez mentholé, d’eucalyptus qu’on retrouve dans les grandes cuvées. C’est comme une promesse.
J’ai bu et j’ai vibré pour ce vin, Yannou.
J’ai bu et ça m’a chuchoté « t’as vu ce que nous pouvons faire, Papi ? Ça te plaît ? En tous cas, on s’est amusé. On aurait dit qu’on aurait été curieux »

J’ai bu et j’ai « croqué l’marmot ». Je souris en pensant à cette vieille expression qui signifie « frapper à une porte ». Je souris en pensant à ce grand-père qui vous ouvrirait sa porte… Pour goûter encore avec ces petits enfants vignerons et ces arrières-petits qui gribouillent sur une étiquette.

Le Marmot 2015 ( Château La Brande)- Karl & Yann Todeschini

Buveur de poèmes – « C’est là que je ferai ma lente promenade
Avec les deux marmots »*

* In « L’art d’être grand-père » de Victor Hugo
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Franck

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