Calendrier de l’Avin 2016 – Jour 4

Posté par Eva ROBINEAU, le 4 décembre 2016

On aime bien les belles bouteilles et les belles histoires dans le Calendrier de l’Avin. Et aujourd’hui, c’est Philippe, caviste au coeur aussi grand que son stock de bonnes quilles, qui nous emmène du côté de Pomerol pour une belle histoire d’amour…

Bienvenue chez Olivier, l’homme sensible

Comme chaque année depuis les siècles des siècles, la fée du vin Eva nous propose de lire chaque jour du mois de décembre une petite chronique sur un vin qu’on aime, réalisé par une personne qu’on apprécie. Pour moi, cette année, ce sera Olivier Techer et ses vins !

Et oui ! On va parler de bordeaux… L’appellation (en fait, il y en a plus de 50 sur plus de 120.000 hectares) la plus décriée du mondovino, parfois la plus jalousée, peut-être aussi la plus hétérogène, et la plus connue au monde avec le Champagne… Mais on va parler d’un de ses représentants à mon avis les plus atypiques et de son appellation certainement la plus prestigieuse, avec son célébrissime navire-amiral Pétrus : Pomerol !

Je le connais assez bien, le vigneron sus-nommé, pour l’imaginer à la lecture de ce billet froncer le nez et légèrement rougir. Tu m’en voudras pas Olivier de te déclarer mon admiration en public, hein ? En passant, je me permets de transmettre deux bises à Marine, ta muse, que je n’ai pas mise sur les photos mais qui était bel et bien là ce jour-là ! D’ailleurs, la robe lui va mieux qu’à toi, si je puis me permettre…

Oui, je prends d’utiles précautions parce que sous la tenue rouge des Hospitaliers de Pomerol – et il est réellement hospitalier, le bougre – bat un coeur très sensible mais se cachent également deux bras de dimensions fort respectables, aptes à faire réfléchir toute personne raisonnablement consciente des risques de l’humour ou de la critique déplacés… Après, vu l’humanité et le respect du bonhomme, je pense qu’il faudrait vraiment insister pour voir la transformation en golgoth… Ah ! Un truc utile pour ne pas commettre d’impair : Hulk est vert et n’a pas le sens de l’humour. Olivier , lui, est rouge et généralement souriant, comme le prouve la photo ci-dessus. Il est également doté d’un humour ravageur qui se joue des degrés comme il se joue des assemblages de ses merlots et cabernet-francs…

Bon, revenons à nos moutons qui ne sont pas de Rotschild d’ailleurs : les vins du château Gombaude-Guillot, une propriété sur le plateau de Pomerol, qui existe depuis 1860 et qui – chose hélas trop rare dans ces régions – conduit sa production selon les règles de l’agriculture biologique depuis 1997 et selon les préceptes de la biodynamie depuis 2006 (pour faire simple, s’interdire l’usage de biocides et travailler selon une approche harmonieuse de l’équilibre du terroir et de la vie des vignes, tout en limitant l’usage des intrans au minimum nécessaire).

Bon, ici on est sur Pomerol alors oubliez les carbo gazeuses qui chatouillent le nez (mais ne font pas toujours rire) et les vins seulement rigolos. Ici on est sérieux, de père et mère en fils. Mais il ne faudrait pas confondre sérieux et tristesse : on sait boire même si on sait déguster, on sait rire même si on sait débattre, on sait manger sérieusement – plus facilement le boeuf que le tofu pour ce que j’en sais -, on sait partager vraiment… Et on sait attendre aussi. On fait des vins souvent excellents sur leur jeunesse (moyennant un généreux carafage quand même) mais fabuleux quand ils prennent de l’âge. Et on fait souvent mentir les « experts » aussi (le Techer est taquin) : essayez donc de trouver un fabuleux magnum de 2003 de chez Gombaude-Guillot (un petit indice : il y en a dans Le Lieu du Vin)… Une année sans grâce et toute en lourdeur selon la vox populi, or vous allez voir ce que peut être un vin puissant, mûr, avec des notes fumées et un peu de fraîcheur mentholée… Vous oublierez la « lourdeur » du millésime pour vous mettre à rêver de côtes de boeuf, de daubes et pourquoi pas de lamproie à la bordelaise, en partage avec une bandes d’amies et d’amis hédonistes (Thomas, Alex, vous m’entendez ?)…

Et comme Olivier – qui est en train progressivement de prendre les rênes de la propriété, après un retour dans les vignes en 2010 - est un petit punk sous un air de gentleman-farmer qui aurait abusé des protéines (dis rien Olivier, ou je raconte à Marine notre dernier repas !), il s’est amusé à donner un coup de jeune à cette magnifique appellation de Pomerol. Et c’est Pom’n'roll que voilà ! Vous avez déjà goûté un vin qui vous donne envie de chanter « Y’a d’la joie » ? Moi oui, plusieurs fois. Et là, c’était version symphonique, avec une partition classique jouée par un orchestre composé pour moitié de rockeurs… La joie de boire et de partager un excellent vin, un vrai pomerol (n’oubliez pas de carafer du coup !) et celle de savoir que le type qui a commis cet outrage au classissisme est un vrai gentil, un perfectionniste, un gars cultivé et drôle, un hédoniste et un vigneron génial, travailleur et exigeant… bref, un ami.

 

Crédit photo : https://lapinardotheque.wordpress.com/

Et après cette première réussite et quelques millésimes récents de Gombaude-Guillot d’excellente facture, Olivier s’attaque au négoce, de qualité, toujours avec une base de raisins sains, bios, avec sa gamme « Satellite » ! On le voit là s’attaquer au marché belge avec enthousiasme et détermination ! J’espère, au vu de ce premier essai, qu’il va nous faire quelques cuvées sur d’autres appellations…

Mais pour cette fin d’année, puisqu’il faut choisir un vin en particulier, je vous recommande donc le « bébé » d’Olivier : Pom’n'roll ! Un vrai Pomerol (carafez-le, on vous l’a dit !), mais avec ce qu’il faut de fraîcheur pour rester sur une tonalité jeune, fraîche et fruitée… On voit qu’au-delà de la maîtrise technique, il y a une sensibilité : sensibilité au terroir, sensibilité à la vigne et sensibilité humaine. Un vin réalisé par un vigneron hospitalier par tradition et innovant par passion.

Bref, comme à mon habitude, j’ai du mal à dissocier l’homme (ou la femme) des vins qu’il réalise. Et là, tant les vins que l’homme sont dignes d’intérêt et de fréquenter ma cave professionnelle et ma cave personnelle ! D’ailleurs Olivier, tu reviens quand avec la tribu, m’aider à gérer mes stocks ?

 

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Philippe 

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1 Commentaire pour l'article “Calendrier de l’Avin 2016 – Jour 4”

  1. dirpauillac :

    Bravo pour l’exploit d’avoir trouve une photo sur laquelle Olivier ne fait pas la tete du mechant sur le ring avant son combat !
    ;o)

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