Calendrier de l’Avin 2016 – Jour 7

Posté par Eva ROBINEAU, le 7 décembre 2016

7ème jour du Calendrier de l’Avin, on varie les plaisirs et les bouteilles et c’est aujourd’hui Frédéric qui nous fait découvrir un vin et surtout, une belle histoire humaine. Car après tout, un beau vin, c’est toujours une belle histoire d’hommes…

Nyctalopie

Nyctalopie – Un vin de sorcier

En ce septième jour du célébrissime calendrier de l’Avin d’Éva auquel j’ai l’immense fierté de participer, j’ai décidé de vous faire partager une de mes plus belles découvertes de cette année. Une découverte que je dois au seigneur de la saucisse, au grand maître de Saint-Romain-Lachalm, à l’immense Manu Chavassieux.

Cette belle bouteille, canon incroyable comme son producteur, c’est :

Nyctalopie de Daniel Sage

Nyctalopie, est un claret, un genre de rosé foncé élaboré avec de vieux gamays cultivés dans le Nord de l’Ardèche. C’est un vin vivant, un poil perlant à l’ouverture. C’est un vin joyeux, plein de vie, rempli de bonheur et entièrement naturel, sans aucun adjuvant œnologique. C’est du jus de raisin et puis c’est tout. Nyctalopie, en bouche, ça explose de fruits, de fleurs, de plein de trucs bien bons. C’est complexe, long, équilibré, mais ça coule tout seul dans le gosier. Pour paraphraser un grand vigneron ligérien, on en boirait des seaux.

DanielSage

Daniel Sage, le producteur de ce vin, est un vigneron à part, un personnage atypique, pur autodidacte. Originaire de la banlieue lyonnaise, il a passé une partie de son adolescence à Saint-Etienne. Avec comme seul bagage un CAP de tôlier, il a eu plusieurs métiers, plusieurs vies. Sa rencontre avec le vin s’est faite par l’entremise de Jean-Jacques Maleysson, mon super caviste stéphanois. S’intéressant au vin naturel, il est rentré dans le milieu il y a moins de dix ans en commençant d’abord à vendre du vin. Puis, avec l’aide d’amis vignerons (Jean Delobre pour n’en citer qu’un), il a commencé à vinifier ses premiers raisins. Installé pour le moment dans un très ancien bâtiment industriel de la modeste commune de Saint-Sauveur-en Rue, dans le département de la Loire, Daniel navigue entre l’Ardèche, où sont situées ses vignes, la Loire où se trouve sa cave, et la Haute-Loire où il habite. La pittoresque route du Tracol, au sud du massif du Pilat, est son décor quotidien (si vous ne connaissez pas foncez-y. C’est super joli). Daniel exploite aujourd’hui un peu moins de trois hectares de vignes (du gamay, de la marsanne, un peu de syrah et de viognier) à Bogy, dans cette belle et mystérieuse Ardèche septentrionale, et continue d’acheter un peu de vendange à Jean Delobre. Depuis le début, il vinifie ses raisins sans aucun apport de soufre ou de produits œnologiques. Les noms de ses cuvées et les étiquettes, que personnellement je trouve magnifiques, sont des reproductions d’œuvres de Jean Raine, peintre, poète, écrivain et cinéaste belge très prolifique, décédé en 1986. Pierre-François Geenen, le second fils de l’artiste est en effet son ami.

Daniel Sage est un personnage sincèrement attachant et passionnant. Passer une soirée avec lui autour de quelques belles bouteilles est un très grand moment. Aujourd’hui, je ne cesse d’admirer son travail, sa philosophie et son engagement. Si vous avez le bonheur de croiser sur votre route une de ses trop rares bouteilles, une « Grange Bara », un pet’nat, un « Roue libre », précipitez-vous…

MaTrogne

Frédéric

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